Le Brésil et l’Espagne prêts à signer l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition de la France
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a réaffirmé sa volonté de conclure l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur lors d’une réunion avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Brasilia mercredi (6 mars).
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a réaffirmé sa volonté de conclure l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur, bloqué depuis longtemps, lors d’une réunion avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Brasilia mercredi (6 mars).
Les négociations entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) ont débuté il y a 25 ans, mais le sort de l’accord de libre-échange entre les deux blocs reste incertain, principalement en raison de l’opposition de certains États membres de l’UE.
Mercredi, M. Lula a regretté que l’accord n’ait pas pu se concrétiser lors du sommet du Mercosur de décembre à Rio de Janeiro, qui a coïncidé avec la fin de la présidence espagnole du Conseil de l’UE. Il est toutefois resté positif quant aux négociations en cours, balayant l’opposition de la France.
« Aujourd’hui, nous sommes prêts à signer un accord du Mercosur, mais la France a des problèmes avec ses agriculteurs », a indiqué M. Lula lors d’une conférence de presse. « Ce qui me rassure, c’est que l’Union européenne ne dépend pas de la France pour conclure l’accord », a-t-il poursuivi.
La France, qui a intensifié ses critiques à l’égard de l’accord commercial, a récemment fait pression sur la Commission européenne pour qu’elle interrompe les négociations afin d’apaiser les protestations des agriculteurs.
Concurrence déloyale
Les agriculteurs français craignent que l’accord n’entraîne un afflux de denrées alimentaires bon marché dans l’UE, en particulier de bœuf et de volaille en provenance des grandes puissances agricoles que sont l’Argentine et le Brésil, et se sont fermement opposés à l’accord lors des manifestations.
« Il ne s’agit plus de le vouloir ou de l’aimer ; politiquement, économiquement et géographiquement, nous devons conclure cet accord et envoyer au monde le signal que nous devons aller de l’avant », estime M. Lula.
En réponse, Pedro Sánchez a salué la façon dont le président bésilien a fait avancer les négociations et s’est engagé à poursuivre le travail en vue d’une conclusion rapide, soulignant que l’Espagne n’est « pas le problème ».
« Avec la guerre en Ukraine, l’Europe a appris qu’elle devait trouver de nouveaux partenaires et diversifier ses échanges », a affirmé le Premier ministre espagnol.
Peu d’évolutions
L’UE et le Mercosur sont parvenus à un accord politique sur le texte en 2019. Cependant, sa ratification a été mise sur pause en raison des préoccupations en matière d’environnement et de droits humains soulevées par la France et d’autres pays de l’UE pendant le mandat de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro.
Une nouvelle opportunité s’était présentée lorsque M. Lula est revenu à la tête du Brésil et que l’Espagne, fervent défenseur de l’accord UE-Mercosur, avait pris la présidence du Conseil de l’UE. La Belgique a pris la relève en janvier
Malgré les espoirs placés dans le sommet de décembre, la victoire du leader populiste d’extrême droite Javier Milei aux élections argentines de novembre et les nouvelles critiques du président français Emmanuel Macron sur les implications environnementales de l’accord ont fait échouer la ratification une fois de plus.
Emmanuel Macron et Luiz Inácio Lula da Silva se rencontreront à Brasilia le 27 mars pour discuter, entre autres, de l’accord.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]