Le Danemark prêt à affronter militairement les États-Unis en cas d’invasion du Groenland
Les responsables de la défense danoise ont confirmé que les forces armées du pays combattraient les troupes américaines si celles-ci envahissaient l’île du Groenland, faisant planer la perspective d’un affrontement direct entre alliés militaires.
L’armée danoise a pour ordre de résister à toute tentative armée de s’emparer du Groenland, y compris par les États-Unis, en vertu d’un décret royal datant de la Guerre froide toujours en vigueur, selon les confirmations du commandement de la défense et du ministère de la Défense danois. C’est ce que rapporte le média local Berlingske.
La Maison-Blanche a réaffirmé mardi 6 janvier dans la soirée que l’action militaire visant à s’emparer du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, restait d’actualité. Suite à cela, Copenhague confirme que les soldats danois ont reçu l’ordre de se battre, ce qui conduirait à un combat direct entre alliés militaires de l’OTAN.
Une directive de 1952, visant à empêcher que l’armée du pays ne soit à nouveau prise par surprise après l’invasion par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, ordonne aux forces danoises d’intervenir immédiatement si le territoire ou les troupes danoises à l’étranger sont attaqués — et ce même sans déclaration de guerre officielle.
Il est ainsi prévu que les unités devront « engager le combat sans délai » et « sans attendre d’ordres ». Elles devront également continuer à résister afin de gagner du temps pour une mobilisation plus large. La police sera appelée soutenir les efforts militaires contre la collaboration interne et les membres de la garde nationale devront aussi se mobiliser
La loi prévoit en outre que les soldats danois ne devront pas obéir aux ordres des « autorités qui ont été capturées ou qui ont été autrement mises hors d’état de nuire par l’ennemi ».
Mardi, la Maison-Blanche a réaffirmé que mettre la main sur le Groenland était une « priorité en matière de sécurité nationale », ajoutant que « le recours à l’armée américaine était toujours une option à la disposition du commandant en chef ».
Cette déclaration fait suite à celle de sept pays européens — la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne, le Royaume-Uni et le Danemark — qui ont exhorté Washington à respecter la souveraineté du Groenland. Emmanuel Macron a ensuite déclaré à la télévision française qu’il ne pouvait imaginer un scénario dans lequel les États-Unis violeraient la souveraineté du Groenland.
Mercredi 7 janvier, Paris a déclaré travailler avec ses Alliés, à savoir l’Allemagne et la Pologne, sur un plan d’action au cas où les États-Unis mettraient leurs menaces à exécution, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, comme le rapporte Reuters.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a cherché à adoucir le discours, déclarant aux législateurs que Washington préférerait acheter le Groenland plutôt que de s’en emparer par la force, selon le Wall Street Journal.
Un accord de défense conclu en 1951 entre le Danemark et les États-Unis accorde aux Américains un large accès à l’île sur le plan militaire. Pendant la Guerre froide, les États-Unis exploitaient jusqu’à 50 bases et stations radar au Groenland. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule, la base spatiale de Pituffik, qui accueille environ 150 membres du personnel américain.