Le Green Brief : Ursula von der Leyen 2.0

Jour après jour, les regards à Bruxelles se détournent de la machine décisionnelle de l’UE pour se tourner vers les élections européennes de 2024. Le principal sujet de discussion est de savoir qui prendra la tête de la prochaine Commission européenne qui sera nommée après le vote de juin.

/ / / / Euractiv.com
GREEN-BRIEF-FR
Abonnez-vous au Green Brief d’EURACTIV, qui vous donnera un aperçu des dernières actualités en matière d’énergie et d’environnement dans toute l’Europe.

Bienvenue sur le Green Brief d’EURACTIV. Vous y trouverez les dernières actualités en matière d’énergie et d’environnement en provenance de toute l’Europe. Vous pouvez vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

À mesure que les élections européennes se rapprochent et que les campagnes nationales prennent de l’ampleur, l’attention se tourne de plus en plus vers l’exécutif de l’Union européenne. Qui sera nommée au sein de la prochaine mandature de la Commission européenne ?

Pour la présidence, l’actuelle cheffe, Ursula von der Leyen, est une candidate de plus en plus sérieuse. L’Allemande en poste depuis 2019 s’est clairement positionnée pour un second mandat lors de son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement européen la semaine dernière.

Si elle n’a pas officiellement déclaré sa candidature, elle a indiqué qu’elle était prête à relever le défi.

Durant son discours, Mme Ursula von der Leyen a commencé par rappeler l’échéance des élections à venir, appelant les « millions de primo-électeurs » à prendre part au débat, notamment sur la question du changement climatique.

« Nous devons terminer le travail », a-t-elle déclaré aux eurodéputés concernant le Pacte vert (Green Deal) européen lancé en décembre 2019. Ce paquet législatif est la pièce maîtresse de l’exécutif européen actuel, dont le mandat expire le 31 octobre 2024.

Il semblerait, dès lors, que Mme von der Leyen soit la mieux placée pour terminer le travail.

Ursula von der Leyen, et pourquoi pas ?

À son arrivée au pouvoir en 2019, l’ancienne ministre allemande de la Défense a présenté le Green Deal comme la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe, . Objectif : mettre l’UE sur la voie des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Quatre ans et quelques mois plus tard, l’heure est à « la nouvelle phase du pacte vert pour l’Europe ». Une Union tournée sur la relance d’une politique industrielle décarbonée, articulée autour du déploiement massif des énergies renouvelables. À ce titre, Mme von der Leyen a annoncé un nouveau paquet européen sur l’énergie éolienne, mais aussi un dialogue plus intense encore sur la transition de l’industrie existante et à venir.

« De l’éolien à l’acier, des batteries aux véhicules électriques, notre ambition est très claire : l’avenir de notre industrie des technologies propres doit se construire en Europe », a-t-elle déclaré.

Dans ces circonstances, un deuxième mandat de la présidente actuelle n’effraye pas tout le monde. Les principaux partisans sont les centristes (Renew) proches d’Emmanuel Macron, à qui l’on doit l’impulsion pour la nomination de Mme von der Leyen en 2019.

« Mme von der Leyen et sa Commission ont un bon bilan », a déclaré lundi (18 septembre) et depuis Bruxelles Clément Beaune, le ministre français des Transports. « Sur les grandes questions — l’approche européenne, les réponses aux crises Covid-19 et ukrainienne — nous avons eu une Commission géopolitique qui a relevé le défi », a-t-il ajouté.

Simone Tagliapietra, membre du groupe de réflexion économique bruxellois Bruegel, est également adepte de l’hypothèse von der Leyen.

« Selon nous, l’héritage de cette Commission en matière de climat et d’énergie est profondément positif », a-t-il déclaré aux participants de l’événement annuel de Bruegel au début du mois.

« Nous sommes convaincus que sous la direction d’Ursula von der Leyen, cette Commission a réussi à mettre l’Europe sur la voie de la neutralité climatique d’ici 2050 », a-t-il ajouté, affirmant que cela avait été fait en fixant des objectifs clairs pour 2030 et 2050 et en « déclenchant une vague de législation » pour y parvenir.

Les écologistes ?

Pour les écologistes, une Commission von der Leyen 2.0 pourrait être le meilleur choix qui s’offre à eux.

Les sondages d’opinion indiquent tous une poussée de la droite conservatrice lors des élections européennes de l’année prochaine, ce qui signifie que la gauche du Parlement, plus verte, pourrait devoir surmonter ses réticences et se ranger du côté de Mme von der Leyen comme étant son pari le plus sûr.

Les défenseurs de l’environnement n’ont pas été entièrement satisfaits du mandat de Mme von der Leyen. Des groupes tels que Greenpeace, Friends of the Earth Europe et Climate Action Network Europe ont manifesté devant le Parlement européen à Strasbourg avant le discours sur l’état de l’Union, dénonçant la « lenteur de l’action de l’UE en matière de protection du climat et de la nature ».

Selon les militants, l’objectif climatique de l’UE pour 2030 — une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990 — est inférieur de 10 points de pourcentage à ce qu’ils considèrent comme la juste contribution de l’UE à la lutte contre la crise climatique.

Mais contrairement à un nouveau candidat de droite, Mme von der Leyen est intrinsèquement liée au Green Deal et est certaine de ne pas revenir sur ses propres engagements. Sa Commission souhaite « maintenir le cap », prône déjà la « mise en œuvre ».

Il va sans dire, bien sûr, qu’un second mandat de Mme von der Leyen ne se ferait pas sans heurts.

Tout homme politique souhaitant continuer à défendre le Green Deal devra répondre à de grandes questions telles que l’élaboration d’un plan pour la réindustrialisation verte de l’Europe et la mobilisation de financements pour réaliser la transition.

Selon les calculs de Bruegel, il existe un déficit d’investissement vert annuel de 180 milliards d’euros à combler après 2026, lorsque le fonds de relance de l’UE en cas de pandémie arrivera à son terme.

Pour combler ce déficit, la personne qui dirigera la prochaine Commission devra convaincre les deux payeurs de l’Europe, la France et l’Allemagne, ainsi que les États membres « frugaux » de l’UE comme les Pays-Bas, le Danemark et l’Autriche.

Si Mme von der Leyen n’y parvient pas, qui le fera ?

– Kira Taylor et Frédéric Simon


Les principales actualités de la semaine

Pour approfondir


L’actualité en bref

Selon un rapport, les tempêtes en Méditerranée sont aggravées par le changement climatique. La Bulgarie, la Turquie, la Grèce et la Libye ont été dévastées par les pluies torrentielles qui se sont abattues au cours des premières semaines de septembre. Le changement climatique induit par les activités humaines a rendu les phénomènes météorologiques extrêmes plus intenses, selon une nouvelle analyse du World Weather Attribution Group.

En Grèce et dans certaines parties de la Bulgarie et de la Turquie, le changement climatique induit par l’homme a rendu les phénomènes météorologiques extrêmes « jusqu’à 10 fois plus probables et jusqu’à 40 % plus intenses », selon le rapport. « Un événement aussi extrême que celui observé en Libye est devenu jusqu’à 50 fois plus probable et jusqu’à 50 % plus intense par rapport à un climat plus froid de 1,2 °C », ajoute le rapport.

La déforestation croissante, l’urbanisation et autres interventions humaines ont modifié le paysage au fil du temps, rendant les populations et les infrastructures plus vulnérables aux inondations, selon le rapport. Le rapport complet est disponible ici.

(Annita Elissaiou | EURACTIV.com)


Agenda

SEPTEMBRE

  • 20 SEPTEMBRE. La commission ENVI adoptera une position sur le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages.

OCTOBRE

  • 2 OCTOBRE. Vote en plénière du Parlement européen sur le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages.
  • 6 OCTOBRE. Trilogue sur la directive relative à la performance énergétique des bâtiments (EPBD).
  • 12 OCTOBRE. La commission ITRE adopte une position sur la loi industrie « zéro net » (Net Zero Industry).
  • 16 OCTOBRE. Conseil Environnement.
  • 23—24 OCTOBRE (à confirmer). Vote de la commission de l’Environement (ENVI) sur le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages.
  • 26-27 OCTOBRE. Conseil européen.

NOVEMBRE-DÉCEMBRE

  • NOVEMBRE (à confirmer). Vote en plénière sur le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages
  • 30 NOVEMBRE-12 DÉCEMBRE. Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 28), Dubaï.
  • 14-15 DÉCEMBRE. Conseil européen.
  • 18 DÉCEMBRE. Conseil Environnement.
  • 19 DÉCEMBRE. Conseil Énergie.
  • Q4. Révision du règlement REACH.