Le nouveau marché des quotas d'émissions de CO2 suscite la controverse
Plusieurs grands établissements industriels européens ont commencé à prendre part au nouveau marché des quotas d'émissions de CO2, dans le cadre d'une initiative de l'UE visant à permettre à l'industrie européenne de réduire sa production de gaz à effet de serre. Ce système est critiqué à la fois par le secteur privé et par les organisations de défense de l'environnement.
Plusieurs grands établissements industriels européens ont
commencé à prendre part au nouveau marché des quotas
d’émissions de CO2, dans le cadre d’une initiative de l’UE visant à
permettre à l’industrie européenne de réduire sa
production de gaz à effet de serre. Ce système est critiqué à la
fois par le secteur privé et par les organisations de
défense de l’environnement.
Depuis le 1er janvier, 12 000 grands établissements
industriels européens (essentiellement des usines fortes
consommatrices d’énergie) sont autorisés à acheter et à vendre
des « droits à polluer » – plus précisément, à émettre des gaz à
effet de serre dans l’atmosphere.
Ce nouveau système, basé sur la Directive ETS (Emissions
Trading Scheme), permet aux entreprises s’avérant
incapables d’atteindre leurs objectifs en matière d’émissions de
gaz à effet de serre d’acheter des « droits à polluer » auprès
d’entreprises plus performantes sur le plan
environnemental. Ces dernières peuvent ainsi retirer des
profits de leurs investissements dans des
technologies propres, et contribuer à l’effort global de
l’UE visant à atteindre les objectifs de
Kyoto.
L’introduction d’un tel système permet à l’UE de se hisser
au premier rang de la lutte mondiale contre l’effet de serre –
les industriels européens étant d’ailleurs prompts
à dénoncer les risques posés par une telle attitude
en termes de compétitivité économique.
Les organisations de défense de l’environnement ont d’abord
accueilli la Directive ETS avec enthousiasme. Mais elles regrettent
que l’impact de la mesure soit limité du fait du champ de manoeuvre
trop large laissé aux industriels.
« Du fait d’une sur-distribution de permis à polluer, les
industriels ne seront absolument pas incités à réduire leurs
émissions de façon significative. Résultat, les prix sur
le marché des émissions de CO2 devraient rester très bas,
ce qui réduira d’autant l’efficacité environnementale du système »,
a déclaré Oliver Rapf, l’un des responsables du Bureau
du WWF auprès des institutions européennes.
Certains pays (notamment l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni)
se sont en outre vus refuser le droit de participer au
marché des quotas d’émission de CO2 suite au rejet de leurs
plans d’allocation par la Commission.