Le nouveau programme européen d'internet quantique a été lancé
La Quantum Internet Alliance a lancé un programme de sept ans, approuvé par la Commission européenne, visant à construire de manière collaborative et innovante un écosystème internet quantique « fabriqué en Europe ».
La Quantum Internet Alliance a lancé un programme de sept ans, approuvé par la Commission européenne, visant à construire de manière collaborative et innovante un écosystème internet quantique « fabriqué en Europe ».
L’alliance, dirigée par l’université pionnière de l’internet quantique QuTech Delft, aux Pays-Bas, a annoncé vendredi 14 octobre son intention de développer le premier prototype de réseau complet au monde, capable de connecter des villes éloignées.
Le projet vise également à créer un écosystème capable de tirer parti des développements qui peuvent être transformés en solutions d’ingénierie innovantes.
L’internet quantique est une technologie de réseau qui pourrait profiter à différents secteurs, tels que l’industrie de la sécurité et des télécommunications ou le secteur financier.
« Nous aimerions construire un prototype de réseau quantique qui contient tous les éléments nécessaires pour passer à l’échelle du développement industriel d’un internet quantique européen capable d’apporter de la valeur aux utilisateurs de l’UE et au-delà », a déclaré à EURACTIV Stephanie Wehner, directrice de la Quantum Internet Alliance (QIA).
Ce réseau a le potentiel de devenir le premier du monde en son genre, a ajouté Mme Wehner.
En fin de compte, l’objectif est de mettre l’internet quantique à la disposition de tout le monde. L’accent est donc mis sur l’accélération de la transition de la recherche à l’ingénierie, pour enfin mettre la technologie sur le marché.
Le deuxième objectif est de créer une plateforme pour l’innovation européenne en matière d’internet quantique qui puisse transformer ces avancées technologiques en innovations.
« Cela comprend, par exemple, le soutien aux entrepreneurs, la protection des connaissances, la constitution de talents dans divers domaines, le développement de cas d’utilisation, ainsi qu’un forum technologique pour rassembler les acteurs universitaires et industriels tout au long de la chaîne de valeur », explique Mme Wehner.
Cette approche écosystémique est destinée à être étendue à tous les États membres. L’accent mis sur une approche communautaire et interdisciplinaire est l’une des raisons pour lesquelles le QIA a été choisi pour ce financement, a déclaré un porte-parole de la Commission à EURACTIV.
Le budget de la première moitié du programme, qui débutera en octobre 2022 et durera 3 ans et demi, s’élève à 24 millions d’euros.
QIA est une équipe de 40 partenaires, dont des institutions universitaires, des opérateurs de télécommunications, des opérateurs de système et des start-up de technologie quantique à travers l’Europe. L’idée est que les expertises interdisciplinaires se complètent pour relever les différents défis qui accompagnent la construction d’un réseau quantique à grande échelle.
Ce programme s’inscrit dans une vision européenne plus large visant à faire progresser les technologies quantiques par une approche collaborative, la mise en commun des ressources étant considérée comme un avantage européen.
Le 4 octobre, la Commission a également annoncé que six sites en République tchèque, en Allemagne, en Espagne, en France, en Italie et en Pologne accueilleraient les « premiers ordinateurs quantiques européens ». Ceux-ci seront ouverts aux représentants de l’industrie et aux chercheurs universitaires de toute l’UE.
Selon la Commission, « ces nouveaux ordinateurs quantiques constituent un pas en avant pour atteindre les objectifs de la décennie numérique, à savoir disposer d’un premier ordinateur à accélération quantique d’ici 2025 et être à la pointe des capacités quantiques d’ici 2030 ».
Toutefois, aucun financement supplémentaire n’est prévu au niveau de l’UE pour les réseaux quantiques avancés permettant de connecter les utilisateurs sur des réseaux de fibre optique longue distance.
« Étant donné que des entreprises comme Amazon et Cisco ont récemment annoncé des efforts dans ce domaine, il sera très difficile pour nous de rester en tête sans un financement nettement plus important, comprenant également des bancs d’essai pour faire passer la technologie du laboratoire au monde réel », a souligné Mme Wehner.