Le Partido Popular souhaite que l'Espagne avance au même rythme que l'UE sur l'immigration irrégulière
Mercredi 16 octobre, la secrétaire générale du Partido Popular, Cuca Gamarra, a estimé que l’Espagne devrait avancer au même rythme que l’UE en ce qui concerne l’immigration irrégulière.
Mercredi 16 octobre, la secrétaire générale du Partido Popular (PP, Parti populaire européen/PPE), Cuca Gamarra, a estimé que l’Espagne devrait avancer au même rythme que l’Union européenne (UE) et ne pas rester à la périphérie de ce que les institutions européennes considèrent comme le plus approprié pour gérer au mieux le défi de l’immigration irrégulière.
La secrétaire générale de la principale force d’opposition de centre droit au parlement faisait notamment référence au « modèle italien » d’externalisation de la gestion des flux migratoires vers l’Albanie.
« Il est évident que l’Europe bouge et que l’Espagne devrait suivre le même rythme que l’Europe et ne pas rester sur la touche, et ne pas vouloir lutter contre les mafias qui non seulement font du trafic d’êtres humains, mais causent la mort de nombreuses personnes en essayant d’atteindre, dans ce cas, les côtes de l’Europe, qui sont également les côtes de notre pays », a soutenu Cuca Gamarra, selon EFE.
Cette dernière a fait référence à une proposition présentée mardi par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, concernant la création de centres d’hébergement en dehors du territoire de l’UE.
La réaction initialement positive du parti de droite à la proposition a été partagée par le parti d’extrême droite Vox, troisième force au parlement, qui a attaqué à plusieurs reprises le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens/S&D) pour sa trop grande souplesse en matière d’immigration.
Pour le gouvernement, l’externalisation de la gestion des migrations dans les centres pour migrants en situation irrégulière est une ligne rouge qu’il ne franchira pas, comme l’a clairement indiqué la porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría, mardi 15 octobre.
L’Espagne continuera à défendre la mise en œuvre « humanitaire et solidaire » du pacte de l’UE — dont Madrid souhaite avancer l’entrée en vigueur de 2026 à 2025 — a ajouté la porte-parole.
Mardi, Ursula von der Leyen (CDU, PPE) a suggéré d’explorer l’idée de développer des « centres de retour » pour les migrants en situation irrégulière en dehors de l’UE, expliquant que « des leçons pourraient être tirées » de l’accord sur la question migratoire récemment conclu entre Rome et Tirana.
L’« expérience » italo-albanaise a suscité un débat parlementaire animé cette semaine en Espagne, qui connaît depuis l’été dernier une grave crise migratoire touchant principalement les îles Canaries et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en Afrique du Nord.
L’une des réactions les plus vives à la proposition de la présidente de la Commission est intervenue mardi au parlement espagnol de la part du porte-parole du parti séparatiste catalan de gauche ERC qui, avec son rival indépendantiste de droite JxCat, garantit la fragile stabilité de l’exécutif de Pedro Sánchez.
Controverse autour d’un nouveau centre d’accueil de migrants en Espagne
« Il y a des millions de personnes qui émigrent dans le monde entier, et la solution n’est pas de les enfermer, encore moins de faire comme si elles n’existaient pas, et encore moins dans des centres de détention de plus en plus éloignés [de l’UE] », a réagi Gabriel Rufián, porte-parole de l’ERC, mardi.
La mise en œuvre controversé du « modèle italien » reviendrait à provoquer des guerres, des sécheresses et l’exploitation humaine en Afrique, a-t-il mis en garde, ajoutant que les frontières en Europe « ne fonctionnent pas ».
Alors que les centres d’accueil pour mineurs migrants non accompagnés des îles Canaries sont actuellement débordés, la proposition d’Ursula von der Leyen a relancé la polémique sur la possibilité pour le gouvernement espagnol de recourir à l’aéroport de Central-Ciudad Real (Centre-Sud) comme centre d’accueil temporaire pour les migrants en situation irrégulière arrivant dans des conditions de grande vulnérabilité.
La proposition du gouvernement de créer un centre d’accueil à Ciudad Real a été catégoriquement rejetée cette semaine par le maire de la ville, Francisco Cañizares (PP), qui a déclaré que ce serait « un véritable camp de concentration pour les migrants ».
La crise migratoire aux Canaries est devenue un nouveau champ de bataille entre le gouvernement de Pedro Sánchez et les partis de la droite et de l’extrême droite, notamment au sujet de l’accueil des mineurs migrants non accompagnés qui font le périlleux voyage depuis les pays d’Afrique de l’Ouest.
Le gouvernement souhaite modifier la loi actuelle sur les étrangers afin de rendre obligatoire l’accueil des mineurs dans l’ensemble des 17 communautés autonomes, ce à quoi s’opposent le PP et Vox, qui gouvernent ensemble dans plusieurs municipalités.