Le PPE et l’extrême droite unis pour torpiller le projet de loi européenne de surveillance des forêts
Les députés européens devraient rejeter mardi 21 octobre la proposition de loi de l’UE sur la surveillance des forêts, le Parti populaire européen (PPE) et les groupes d’extrême droite s’étant alliés pour la bloquer en séance plénière.
Présentée en 2023 par la Commission européenne, la proposition vise à renforcer la collecte de données et la connaissance des forêts de l’UE, afin d’améliorer leur résilience face au changement climatique et aux menaces telles que les incendies, les ravageurs et les sécheresses.
Après l’avoir rejetée en commission parlementaire le mois dernier, les députés européens de droite s’apprêtent à réitérer leur geste, mettant ainsi fin au projet de la Commission visant à créer un système européen de surveillance des forêts.
« Nous demandons à la Commission de retirer cette proposition », a déclaré le législateur de centre-droit Alexander Bernhuber (PPE), qualifiant la loi de « paperasserie excessive » qui alourdirait la charge des forestiers, des États membres et des agriculteurs.
Le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) s’est fait l’écho de ce point de vue, qualifiant le texte de « prise de pouvoir » qui interfère avec la politique nationale de gestion des forêts. La proposition « fait double emploi avec les systèmes de reporting existants » et « enfreint les principes de subsidiarité et de proportionnalité », a affirmé un porte-parole.
Le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe a également confirmé qu’il voterait contre la loi.
Les partisans du projet de loi ont toutefois assuré qu’ils étaient prêts à faire des compromis pour que celui-ci soit adopté. Eric Sargiacomo, député européen des Socialistes et Démocrates (S&D), a dénoncé le manque de coopération de ses collègues de droite et a indiqué que son groupe avait « cherché à modifier le texte afin de trouver des compromis acceptables ».
Un rejet est « un scénario très probable », a concédé Emma Wiesner, députée européenne du groupe Renew (libéraux), qui a indiqué qu’elle et ses collègues seraient prêts à renvoyer le projet de loi en commission afin d’éviter son rejet.
Le rejet du projet de loi porterait un coup dur au Green Deal de l’Union européenne, ajoutant cette législation à une liste croissante d’initiatives environnementales que le PPE a cherché à affaiblir ou à bloquer, aux côtés des lois anti-greenwashing et anti-déforestation.
Sofia Sanchez Manzanaro a contribué à la rédaction de cet article.
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(asg)