Le président catalan exige un référendum « à l’écossaise » pour la Catalogne

Le futur gouvernement espagnol devrait accepter d’organiser un « référendum comme celui tenu en Écosse » en 2014, a déclaré jeudi le président de la généralité de Catalogne, Pere Aragonès, devant le Sénat espagnol.

EFE avec EURACTIV.com
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Pere Aragonès a assuré que, tôt ou tard, « la Catalogne tiendra un référendum » pour décider de son autodétermination en tant que « nation » au sein de l’Union européenne. [EPA-EFE/Alejandro Garcia]

Le futur gouvernement espagnol devrait accepter d’organiser un « référendum comme celui tenu en Écosse » en 2014, a déclaré jeudi (19 octobre) le président de la généralité de Catalogne, Pere Aragonès (Gauche républicaine de Catalogne, ERC), devant le Sénat espagnol.

M. Aragonès a assuré que, tôt ou tard, « la Catalogne tiendra un référendum » pour décider de son autodétermination en tant que « nation » au sein de l’Union européenne.

Contrairement à ce que prétend la « droite nationaliste espagnole [PP et Vox] », la Catalogne est « une nation européenne, citoyenne et démocratique » qui veut pouvoir « décider en paix, librement, parmi toutes les options, [et ce dans le respect] de la démocratie et en étant reconnue », a-t-il ajouté.

Le président catalan a également demandé au prochain gouvernement espagnol d’accorder l’amnistie aux personnes impliquées dans la tentative de sécession de 2017, ajoutant qu’il s’agirait d’un « point de départ » pour résoudre ce que les partis séparatistes catalans appellent le « conflit politique » entre la Catalogne et Madrid.

Formation d’un gouvernement

Depuis la défaite d’Alberto Núñez Feijóo, leader du PP — membre du Parti populaire européen et principale force d’opposition au parlement —, le candidat socialiste et Premier ministre par intérim Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) tente de parvenir à un accord d’investiture avec les deux principaux partis séparatistes catalans : le parti de centre droit Junts Per Catalunya (JxCat) et le parti de gauche ERC. Ces deux partis sont rivaux sur le plan politique.

Pour revenir au pouvoir, Pedro Sánchez aura besoin du soutien d’autres formations nationalistes et séparatistes, notamment le parti basque EH Bildu, qui s’est déjà engagé à le soutenir, et le Parti nationaliste basque (PNV).

Si M. Sánchez ne parvient pas à former une coalition gouvernementale d’ici la fin du mois de novembre, les Espagnols devront à nouveau se rendre aux urnes en janvier.

Amnisties accordées dans le passé

« Il y aura un référendum en Catalogne, j’en suis persuadé, à force de volonté, de persévérance et de devoir démocratique », a déclaré M. Aragonès à la fin de son discours au Sénat, prononcé entièrement en catalan.

D’autre part, il a critiqué les personnes « scandalisées » par la possibilité d’accorder une amnistie aux personnes impliquées dans la tentative de sécession de 2017 (soit environ 6 000 personnes, selon les estimations de certains experts).

Durant son intervention au Sénat, M. Aragonès a rappelé les « 6 000 grâces » accordées il y a plusieurs années par les gouvernements des anciens Premiers ministres Felipe González (PSOE) et José María Aznar (PP), notamment aux « personnes condamnées pour corruption ou terrorisme d’État ». Il a également mentionné la loi sur l’amnistie de 1977 qui « empêche d’enquêter sur les crimes de sang commis pendant la dictature ».

Quelques minutes après avoir terminé son discours, M. Aragonès a rapidement quitté le bâtiment du Sénat, un geste qui a suscité de vives critiques de la part du PP et de la troisième force du parlement, Vox.

Taxes sur les banques et les grandes entreprises énergétiques

Parallèlement à cela, Yolanda Díaz, dirigeante du parti progressiste Sumar et ministre du Travail par intérim, a exhorté jeudi au Sénat le PSOE de M. Sánchez à maintenir l’impôt sur les banques et les grandes entreprises énergétiques afin que « ceux qui ont le plus » contribuent davantage au « trésor public ».

Si M. Sánchez revient au pouvoir, Mme Díaz devrait, selon les analystes politiques, devenir la « numéro deux » du pays. Cependant, la plateforme progressiste a clairement fait comprendre qu’elle n’accepterait pas tout et que M. Sánchez devrait faire des concessions politiques et se rapprocher de la gauche.

Mme Díaz a regretté que le PSOE « ne veuille pas » maintenir ces taxes, bien qu’elle ait affirmé que Sumar continuerait à « insister » pour que ceux-ci soient prolongés, car « la sortie de la crise doit être équitable ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]