Le président du PPE obtient une augmentation annuelle de 28 000 euros sur son deuxième salaire

Cette augmentation porte le revenu annuel total de Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE) et chef du groupe PPE au Parlement européen, à 330 000 euros.

/ EURACTIV.com
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Manfred Weber, président du PPE et chef du groupe PPE au Parlement européen. [Getty Images/Armin Weigel_dpa_Picture alliance]

Manfred Weber, l’homme politique bavarois influent qui dirige le Parti populaire européen (PPE) et le groupe éponyme au Parlement européen, a bénéficié d’une augmentation de salaire sans précédent au cours de l’été, révélée par un document interne peu remarqué jusqu’ici.

Selon ce document, son salaire annuel en tant que président du PPE est passé de 169 440 euros à 197 832 euros, soit une hausse de 17 %. S’ajoutent à cela environ 132 000 euros perçus au titre de son mandat de député européen. Au total, sa rémunération approche désormais les 330 000 euros par an, hors indemnités — une somme financée en grande partie par le contribuable.

La décision de Manfred Weber de percevoir deux salaires pour ses fonctions de président du PPE et de député européen a fait l’objet d’une controverse considérable.

L’inflation derrière la hausse

Interrogé par Euractiv, Tom Vandenkindelaere, chef de cabinet de Manfred Weber, a attribué cette hausse généreuse à l’inflation : « L’augmentation dûment déclarée reflète l’indexation légale applicable en Belgique », a-t-il expliqué par courriel.

Si la loi belge prévoit que les employeurs doivent ajuster les salaires chaque année selon une formule basée sur l’inflation, un système connu sous le nom d’« indexation », cette exigence ne s’applique pas aux titulaires de fonctions politiques telles que celle de président du PPE. Ainsi, même si l’augmentation de Manfred Weber « reflète » l’indexation belge, le parti n’était pas tenu d’augmenter son deuxième salaire déjà généreux, déjà parmi les plus élevés de l’UE.

En 2023, l’indexation était très élevée, à 11 %. Pourtant, le PPE avait décidé de ne pas indexer le salaire de Manfred Weber.

Une décision actée depuis sa réélection

Selon Tom Vandenkindelaere, l’assemblée politique du PPE — organe rassemblant les principaux responsables du parti — a décidé en juin, peu après la reconduction de Manfred Weber à la tête du PPE, d’appliquer rétroactivement l’indexation pour les trois dernières années.

Le procès-verbal de la réunion, consulté par Euractiv, montre que les responsables ont unanimement convenu que le salaire de Manfred Weber « n’augmenterait pas pendant le mandat et ne serait ajusté que par indexation ». Cela signifie que le salaire de l’homme politique allemand peut également augmenter l’année prochaine.

Cette augmentation suscite d’autant plus de critiques que, parallèlement, plusieurs salariés du PPE ont vu leur salaire diminuer. Tom Vandenkindelaere, ancien eurodéputé belge, a récemment introduit une nouvelle politique salariale.

Après sa réélection, Manfred Weber a cherché à rétrograder plusieurs membres du personnel du PPE, selon nos informations. Une source du parti de centre-droit a déclaré qu’après un congrès du parti à Valence l’année dernière, plusieurs membres du personnel avaient été invités à accepter des postes moins élevés, avec une réduction de salaire correspondante. Certains ont accepté, tandis que les discussions avec d’autres sont toujours en cours. En revanche, les personnes ayant « de solides relations politiques à Madrid » ont même été promues, indique une source.

Manfred Weber a proposé à la nouvelle secrétaire générale du PPE, Dolors Montserrat, un deuxième salaire, mais celle-ci a refusé, selon deux personnes au fait de la question.

« C’est elle qui a décidé de ne pas percevoir de salaire, personne n’est intervenu dans cette décision. Toutes les décisions internes sont prises conformément aux règles établies, en l’occurrence sur la base d’une décision de l’assemblée politique », a précisé Tom Vandenkindelaere.

Après la publication par Euractiv d’un article sur les manœuvres salariales du parti, Dolors Montserrat a mis à jour sa déclaration financière pour indiquer qu’elle percevrait des frais de déplacement et une allocation de 350 euros les jours où elle ne demanderait pas d’indemnité journalière similaire au Parlement européen.