L’épouse de Pedro Sánchez citée dans une nouvelle affaire judiciaire
L’épouse de Pedro Sánchez a été convoquée par un juge dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds publics. Cette convocation intervient après une série d’autres affaires touchant l’entourage du Premier ministre.
Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, a été convoquée par un juge espagnol dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds publics, a annoncé mardi 19 août un porte-parole d’un tribunal madrilène. Cette convocation intervient après une série d’autres affaires touchant l’entourage de Pedro Sánchez.
Begoña Gómez a été convoquée au tribunal pour être interrogée le 11 septembre prochain dans le cadre d’un dossier de détournement présumé de fonds publics, précise l’AFP. Le juge, Juan Carlos Peinado, cherche à savoir si Cristina Álvarez, une fonctionnaire employée dans l’équipe du Premier ministre, a travaillé pour Begoña Gómez — à l’époque responsable d’un master à l’Université Complutense de Madrid.
Cristina Álvarez aurait utilisé son temps de travail et son salaire financé par l’État pour aider l’épouse du Premier ministre dans ses activités universitaires mais également dans des activités liées à des entreprises privées, ce qui pourrait constituer un détournement de ressources publiques à des fins privées.
Cette affaire survient alors que le gouvernement Sánchez, ainsi que le Premier ministre lui-même par l’intermédiaire de son entourage, est actuellement sous le feu des critiques pour plusieurs scandales de corruption.
Depuis avril 2024, Begoña Gómez fait également l’objet d’une mise en examen pour corruption et trafic d’influence. Toujours lorsqu’elle était responsable d’un master de management, elle est soupçonnée d’avoir utilisé l’influence de son mari pour obtenir des financements pour son master, notamment auprès de l’homme d’affaires Juan Carlos Barrabés. Entendue en décembre à ce sujet, elle a nié les faits.
Cristina Álvarez a été embauchée en 2018, lorsque Félix Bolaños — aujourd’hui ministre de la Justice et proche allié de Pedro Sánchez — était secrétaire général de la présidence, le bureau responsable de sa nomination. En juin dernier, le juge a cherché à inculper Félix Bolaños pour détournement de fonds et parjure, mais la Cour suprême a rejeté la demande.
Croisade contre les socialistes
Ces révélations ont déclenché une tempête politique à Madrid.
Le ministre de la Transformation numérique, Óscar López (Parti socialiste-ouvrier espagnol, PSOE), a déclaré à la radio publique RNE qu’il était « indigné » par ce qu’il a qualifié d’enquêtes « prospectives » visant l’épouse de Pedro Sánchez.
« La justice doit être la même pour tous, et lorsqu’elle cesse d’être équitable, ce n’est plus la justice », a déclaré le ministre, mettant en garde contre les enquêtes ouvertes « pour ce que vous êtes ».
En juin de l’année dernière, Pedro Sánchez avait lui même dénoncé une « campagne de démolition » de son entourage alimentée par la droite.
À l’inverse, le Partido Popular (PP), parti d’opposition de centre-droit, a appelé au respect de la procédure judiciaire. « Le juge Peinado sait pourquoi il les accuse de détournement de fonds. Il ne le fait pas juste pour le plaisir », a confié la porte-parole du parti, Ester Muñoz, sur Antena 3.
(asg)