Les agriculteurs grecs et roumains en proie à une épidémie de peste des petits ruminants
La peste des petits ruminants, un virus mortel affectant les moutons et les chèvres, continue de ravager les fermes grecques et roumaines, poussant les gouvernements des deux pays à imposer des restrictions sur le transport des animaux pour freiner sa propagation.
La peste des petits ruminants, un virus mortel affectant les moutons et les chèvres, continue de ravager les fermes grecques et roumaines, poussant les gouvernements des deux pays à imposer des restrictions sur le transport des animaux pour freiner sa propagation.
Bien que ce virus hautement contagieux, identifié pour la première fois en Côte d’Ivoire en 1942, n’infecte pas les humains, il peut tuer jusqu’à 70 % du bétail infecté.
En Grèce, le premier foyer de contamination est apparu à la mi-juillet en Thessalie, une région agricole qui se remet à peine des inondations dévastatrices de septembre 2023, qui ont causé des dommages financiers de l’ordre de 2,5 milliards d’euros et décimé une partie du bétail.
Selon le ministre grec du Développement rural, Kostas Tsiaras, environ 14 000 animaux contaminés ont été abattus à ce jour, et des centaines de milliers d’entre eux sont en train d’être testés. En attendant, Athènes a temporairement interdit les transports de chèvres et de moutons en raison de l’augmentation des cas confirmés.
Kostas Tsiaras a déclaré qu’il n’existait aucune certitude quant à la manière dont le virus est arrivé en Grèce, mais que les importations en provenance de Roumanie, également confrontée à la maladie, avaient été interrompues.
Le ministre a qualifié de « problème majeur » les cas détectés dans la ville d’Elassona, importante productrice de feta, un produit qui bénéficie d’une appellation d’origine protégée (AOP) fabriqué à partir de lait de brebis et de chèvre.
Le gouvernement grec s’est engagé à « soutenir les agriculteurs » et a laissé entendre qu’il demanderait des fonds provenant de la réserve agricole de crise de l’UE — une enveloppe annuelle dotée d’au moins 450 millions d’euros — pour compenser les pertes.
« Nous épuiserons toutes les possibilités offertes par les ressources nationales et exploiterons toutes les possibilités offertes par l’Union européenne, car il s’avère que le problème n’est pas grec, mais européen », a affirmé Kostas Tsiaras.
Le ministre prévoit d’aborder la question lors de la prochaine réunion du Conseil « Agriculture et Pêche » de l’UE en septembre et de demander des mesures conjointes pour protéger le bétail, ainsi qu’un soutien financier pour les agriculteurs.
Durant cette réunion, le ministère français de l’Agriculture envisage également de demander des fonds provenant de la réserve agricole de crise afin de soutenir les producteurs de céréales touchés par les mauvaises récoltes de cette saison.
De son côté, la Roumanie compte 37 foyers actifs de peste des petits ruminants à Tulcea, Constanta et Timis. La maladie a causé la mort de plus de 200 000 animaux, selon l’autorité vétérinaire et de sécurité alimentaire du pays. Bucarest a restreint le transport d’ovins et de caprins vivants, tout en imposant le pâturage dans des zones restreintes et en interdisant l’utilisation d’un même pâturage par plusieurs troupeaux.
Les autorités vétérinaires roumaines ont mis en garde contre les « fausses informations » qui nient l’existence de la maladie et « sapent les efforts déployés pour contenir les foyers » de contamination.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]