Les communistes proposent une alliance alternative à la NUPES

Le parti de Fabien Roussel appelle à « un nouveau type d’union » des forces de gauche, après une semaine de polémique à propos de la réaction de La France insoumise à l’attaque du Hamas contre Israël, pendant que le reste de ses alliés s’interrogent toujours.

Euractiv France
Macron meets with opposition parties leader in Saint Denis
Fabien Roussel (D) et Olivier Faure (G), leaders communiste et socialiste, s'interrogent sur la nécessité de poursuivre l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le parti de Fabien Roussel appelle à « un nouveau type d’union » des forces de gauche, après une semaine de polémique à propos de la réaction de La France insoumise à l’attaque du Hamas contre Israël, pendant que le reste de ses alliés s’interrogent toujours.

« La gravité de la situation internationale, comme en France, appelle la gauche à être à la hauteur de ses responsabilités. Malheureusement, elle ne l’est pas », déplore le Parti communiste français (PCF) dans un communiqué diffusé dimanche (15 octobre).

Le parti, réuni en conseil national, suggère ainsi de mettre un terme à la NUPES, l’alliance constituée pour les élections législatives de juin 2022, et qui regroupe les parlementaires de gauche dans un « intergroupe » à l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, la NUPES, « constituée […] sous la volonté hégémonique de LFI, est devenue une impasse », déplorent les communistes.

Ils expliquent leur position également par « les insultes de dirigeants de LFI, comparant la direction du PCF à des collaborationnistes nazis » et par « le refus récent de qualifier d’actes terroristes les atrocités commises par le Hamas ». Cela « affaiblit les rassemblements nécessaires pour la paix au Proche-Orient et la lutte contre les crimes de guerre de l’armée israélienne », considère le Conseil national du PCF.

Cette position a été adoptée à la quasi-unanimité, par 36 voix « pour », 1 « contre » et aucune abstention.

Le PCF affirme vouloir toujours « rassembler le peuple, le monde du travail, la gauche », à travers « un rassemblement qui soit utile, respectueux de nos différences ». « Il est temps d’ouvrir une nouvelle étape pour la gauche avec un nouveau type d’union ».

Il n’est cependant pas question d’exclure par principe tous les LFI, l’appel étant lancé à l’ensemble des partis de gauche, y compris les insoumis.

Les doutes du PS et des Verts

La semaine dernière, Euractiv relatait la volonté des socialistes de « suspendre » temporairement leur participation à la NUPES en raison des positions controversées de Jean-Luc Mélenchon et de son parti sur le Hamas, qu’ils peinent à qualifier d’organisation terroriste.

Cela « n’est pas une différence, c’est une rupture fondamentale », expliquait le leader communiste Fabien Roussel vendredi. Cet avis est partagé par plusieurs parlementaires, surtout socialistes, consultés par Euractiv dans la dernière semaine.

Si le Parti socialiste ne s’est pas encore retiré de la NUPES, la pression monte en interne contre le Premier secrétaire Olivier Faure pour acter la rupture.

Dans une tribune publiée vendredi (13 octobre) dans Le Point, l’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve – ayant quitté le PS en raison de l’alliance avec LFI – et une vingtaine de parlementaires de gauche écrivent que « l’alliance avec LFI est, dans ce contexte, un déshonneur politique et une faute morale, dont nous avons depuis l’origine dénoncé le danger ». Parmi les signataires, deux députés socialistes (sur 31 membres du groupe PS à l’Assemblée) : Bertrand Petit et Cécile Untermaier.

Les écologistes sont aussi en plein doute. « Je ne sais même plus quoi vous dire sur Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’impression que lui et son camp sont dans une stratégie de conflictualisation permanente », a expliqué Marine Tondelier, la patronne des Verts, samedi sur France Culture.

D’après elle, les positions de M. Mélenchon ne sont pas partagées par tous les membres de son parti. Alexis Corbière ou encore François Ruffin ont par exemple publiquement pris des distances. Une nouvelle alliance pourrait donc tout à fait les inclure.

« La NUPES, qui avait été une source d’espoir pour plein de monde, est devenue quelque part un sujet de désespoir, ça m’embête beaucoup », reconnaissait Mme Tondelier. Et, assure-t-elle, « nous sommes majoritaires à avoir envie que ça se passe bien, que ça s’appelle NUPES ou pas ».