Les élections espagnoles entachées par une fraude présumée
La Garde civile espagnole a arrêté sept personnes mercredi (24 mai) et enquête toujours sur trois d’entre elles pour avoir prétendument acheté des votes par correspondance à Mojácar, quatre jours seulement avant les élections régionales et municipales en Espagne.
La Garde civile espagnole a arrêté sept personnes mercredi (24 mai) et enquête toujours sur trois d’entre elles pour avoir prétendument acheté des votes par correspondance à Mojácar, quatre jours seulement avant les élections régionales et municipales en Espagne.
Des sources proches de l’affaire ont rapporté que deux des détenus figurent sur les listes électorales du Parti socialiste (PSOE/S&D) pour les élections municipales et régionales de dimanche (28 mai).
La veille de l’opération à Mojácar, la police a arrêté dix personnes dans la ville autonome espagnole de Melilla, située sur la côte nord-africaine, dont un conseiller régional, également pour achat présumé de voix. Selon des sources judiciaires, l’opération à Melilla a permis d’éviter un cas de fraude électorale.
Le parti de gauche Coalition pour Melilla (CPM) a indiqué qu’il était — selon lui — victime d’attaques politiques de la part de ses rivaux avant les élections de dimanche.
Étant donné les soupçons d’implication de la CPM dans cette affaire, le parti a été exclu la semaine dernière de l’« Accord du Turia », un accord de coopération locale signé par plusieurs partis de gauche, parmi lesquels Compromís (actif dans la région de Valence) et Más País (Plus de Pays), ont déclaré des sources du parti à EFE.
Le conseiller détenu de la CPM, Mohamed Ahmed Al-lal, responsable des districts, de la jeunesse et de la participation citoyenne au sein de l’exécutif régional, et troisième candidat sur les listes du parti pour les élections de dimanche, a été démis de ses fonctions de conseiller mercredi. Il a également été exclu de la formation politique.
« Personne ne peut enfreindre les règles », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Isabel Rodríguez (PSOE/S&D), lors d’une conférence de presse mardi (23 mai).
Toutefois, des sources proches des deux affaires ont souligné mercredi qu’elles n’étaient pas liées.
Elías Bendodo, coordinateur général du Partido Popular (PP/PPE) de centre droit, a demandé au Premier ministre Pedro Sánchez de faire toute la lumière sur les affaires de Mojácar et Melilla.
« Nous comprenons qu’ils soient nerveux [les membres du PSOE], mais c’est une chose d’être nerveux et une autre d’enfreindre les règles du jeu », a-t-il déclaré.
Selon la loi électorale espagnole, les citoyens qui souhaitent voter par correspondance ne doivent s’identifier que lorsqu’ils demandent cette forme de vote et lorsqu’ils reçoivent la documentation électorale. Ils n’ont pas à le faire lorsqu’ils envoient leur vote, comme le font tous les électeurs qui se rendent aux urnes en personne.
Après le scandale, les partis politiques ont exprimé leur volonté de modifier le système.
L’Espagne organisera des élections régionales et municipales dimanche. Les élections législatives devraient avoir lieu en décembre, au cours du dernier mois de la présidence espagnole du Conseil de l’UE.