Les États membres réclament une stratégie européenne sur l’alcool

Le 7 décembre, les 28 ministres européens de la Santé ont demandé à la Commission d'adopter une stratégie globale pour s’attaquer aux dommages liés à l’alcool, ce que l'exécutif européen refuse de faire depuis des mois. 

EURACTIV.com
Vytenis Andriukaitis [Commission européenne]
Vytenis Andriukaitis [Commission européenne]

Le 7 décembre, les 28 ministres européens de la Santé ont demandé à la Commission d’adopter une stratégie globale pour s’attaquer aux dommages liés à l’alcool, ce que l’exécutif européen refuse de faire depuis des mois. 

La stratégie européenne sur les dommages liés à l’alcool sefait attendre, malgré les appels des institutions européennes. Selon les conclusions d’une réunion des ministres pour l’Emploi, la politique sociale, la santé et les consommateurs organisée à Bruxelles, les États membres ont soutenu une résolution du Parlement européen appelant à une nouvelle stratégie pour 2016-2022.

La déclaration du Conseil fait pression sur le commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis. La Commission est la seule à penser que l’UE n’a pas besoin d’une nouvelle stratégie pour combattre les dommages liés à l’alcool depuis que la précédente a expiré en 2012.

Vytenis Andriukaitis préfère en effet intégrer l’abus d’alcool dans un éventail plus large de facteurs de risque des maladies chroniques et a refusé de fixer un délai de publication de cette stratégie. La plupart des ONG pour la santé publique ont condamné cette approche depuis que le commissaire a annoncé ses intentions en mai. Selon elles, l’alcool est un problème trop grave pour ne pas avoir de stratégie séparée.

>> Lire : La Commission a-t-elle un problème avec l’alcool ?

« Je partage totalement les inquiétudes du Conseil sur les dommages liés à l’alcool. L’abus d’alcool est un sujet très sérieux qui a des conséquences dévastatrices pour les individus concernés, leur famille et pour la société », a déclaré Vytenis Andriukaitis.

« Je veux tout particulièrement m’attaquer à la consommation nocive d’alcool, et pas seulement à ses conséquences ; et je partage la volonté des ministres de la Santé de protéger les jeunes. Je m’engage à continuer à soutenir les États membres pour empêcher et lutter contre l’abus d’alcool », a-t-il ajouté.

L’exécutif s’accorde aussi avec les conclusions du Conseil sur le fait que ce sont aux États membres que revient la responsabilité de s’attaquer aux problèmes liés à l’alcool. La Commission veut toutefois soutenir l’effort en fournissant des données utiles et à finançant de projets.

Selon la Commission, les méfaits de l’alcool représentent un fardeau économique énorme, d’environ 150 milliards d’euros par an dans l’UE. Chaque année, 120 000 citoyens européens meurent de l’abus d’alcool, qui peut être lié à 60 maladies différentes. Néanmoins, ces chiffres sont probablement sous-estimés puisque les facteurs de risque compliquent le traitement d’autres conditions.

Nouvelles étiquettes

L’exécutif a reporté sine die la publication d’un rapport sur la manière d’inclure les boissons alcoolisées dans les nouvelles règles européennes sur l’étiquetage alimentaire, pour afficher des informations sur les valeurs nutritives et les ingrédients.

Le Conseil veut que la Commission envisage au moins d’imposer un étiquetage obligatoire pour les boissons alcoolisées. Le Conseil souhaite surtout que les informations concernant l’apport calorique soient affichées sur les nouvelles étiquettes.

Les brasseurs se sont déjà engagés sur une base volontaire à introduire ce genre d’étiquettes. Les Brasseurs d’Europe, l’association de l’industrie brassicole à échelle européenne, a déclaré dans un communiqué que c’était la volonté et le droit légitime du consommateur de pouvoir comparer les valeurs nutritionnelles et les ingrédients de toutes les boissons, qu’elles soient alcoolisées ou non.