Les exportations de céréales ukrainiennes via la Pologne sont sous-exploitées, selon la commissaire européenne aux Transports
Le volume d’exportation des produits agricoles ukrainiens par la frontière polonaise a diminué d’un tiers sur un an, ce qui indique que les capacités existantes ne sont pas utilisées, selon la commissaire européenne aux Transports.
Le volume d’exportation des produits agricoles ukrainiens par la frontière polonaise a diminué d’un tiers par rapport à l’année dernière, ce qui indique que les capacités existantes ne sont pas utilisées, selon la commissaire européenne aux Transports Adina-Ioana Vălean.
Lors d’un point de presse commun avec le vice-Premier ministre ukrainien Oleksandre Koubrakov à Bruxelles lundi (25 septembre), Mme Vălean a présenté un certain nombre de mesures visant à augmenter la capacité logistique des couloirs de solidarité, une initiative lancée par l’UE l’année dernière pour aider l’Ukraine à exporter des produits agricoles via ses pays voisins de l’UE.
Mais si la commissaire a salué les couloirs de solidarité comme une « véritable bouée de sauvetage » pour l’Ukraine, elle a admis que « des capacités restent inutilisées » sur les couloirs de solidarité passant par la Pologne après que les exportations à travers le pays aient diminué de manière significative.
« Vous pouvez regarder les chiffres du volume de marchandises transportées l’année dernière par rapport à cette année, et vous verrez qu’il est trois fois moins important », a expliqué Mme Vălean. « Cela signifie que la capacité existe, mais qu’elle n’est pas pleinement utilisée pour le moment.»
Aux côtés de la Hongrie et de la Slovaquie, la Pologne a introduit des restrictions unilatérales sur les importations agricoles ukrainiennes après l’expiration, le 15 septembre, des mesures prises à l’échelle de l’UE. Cette mesure a incité Kiev à porter plainte contre les trois pays auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tandis que les tensions autour des exportations de céréales ont considérablement envenimé les relations bilatérales entre l’Ukraine et la Pologne.
Toutefois, Mme Vălean n’a pas confirmé si, pour la Commission, les mesures commerciales unilatérales étaient à l’origine de la baisse des exportations via la Pologne. Elle a plutôt parlé de « diverses raisons, que nous ne voulons pas commenter ».
En juillet, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a déclaré que l’UE avait la capacité logistique d’aider l’Ukraine à remplacer presque entièrement la route de la mer Noire grâce aux couloirs de solidarité.
Une coopération étroite avec la Roumanie
M. Koubrakov, responsable des efforts de restauration de l’Ukraine, a également refusé de commenter en détail les discussions en cours sur le transit des céréales avec la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, mais il a déclaré que « nous utilisons toutes les opportunités pour essayer d’exporter nos céréales à travers les pays voisins ».
Dans le même temps, il a remercié la Roumanie pour sa coopération dans les efforts visant à accélérer les transports de céréales via le Danube, qui est considéré par de nombreux experts comme l’une des alternatives les plus prometteuses à la route de la mer Noire bloquée par la Russie.
« Nous apprécions la patience et la compréhension de nos collègues roumains ainsi que le soutien de la Commission européenne », a-t-il déclaré.
Selon Mme Vălean, les mesures discutées lundi (25 septembre) comprennent l’identification de mouillages supplémentaires pour les navires céréaliers et l’amélioration de la gestion de l’accès au port et du trafic.
« Une coopération encore plus forte entre l’Ukraine, la Roumanie et la Moldavie, en particulier sur la rationalisation des procédures de contrôle des frontières, augmentera également la capacité le long de la route terrestre vers le port du Danube et le port de Constanța », a-t-elle ajouté.
Peu après la fin des mesures de restriction commerciale de l’UE, Kiev et Bucarest ont entamé des pourparlers en vue d’un accord sur le transit des céréales ukrainiennes, et la Roumanie n’a jusqu’à présent pas pris de mesures unilatérales.
Défier les attaques russes
Bien que l’accent soit mis sur la route du Danube, Mme Vălean a également admis que les récentes attaques russes contre les ports ukrainiens du Danube « rendent bien sûr la vie plus difficile ».
Elle a toutefois ajouté que l’Ukraine et l’UE exploraient « d’autres options », telles que le transport de marchandises vers les ports roumains du Danube et leur expédition à partir de là.
Interrogé sur le fait de savoir si le Danube était toujours un itinéraire sûr pour les exportations de céréales de l’Ukraine, M. Koubrakov a admis qu’il y avait des risques, mais il a déclaré : « Nous n’avons pas d’autre option ».
Par ailleurs, Adina-Ioana Vălean et Oleksandr Koubrakov ont annoncé que, pour la première fois, l’Ukraine et la Moldavie peuvent désormais demander un financement via un nouvel appel dans le cadre de la Connecting Europe Facility, un instrument de financement de l’UE visant à promouvoir les investissements dans les infrastructures.