YouTube, Google et Microsoft reviennent sur leurs engagements en matière de vérification des faits
De nouveaux rapports publiés ce mercredi ont révélé que les principales entreprises technologiques américaines, dont YouTube, Google et Microsoft, se retirent de leurs engagements en matière de vérification des faits.
De nouveaux rapports publiés ce mercredi ont révélé que les principales entreprises technologiques américaines, dont YouTube, Google et Microsoft, se retirent de leurs engagements en matière de vérification des faits.
Les plateformes ont publié leurs rapports visant à conformer leurs pratiques au Code de bonnes pratiques contre la désinformation de l’Union européenne (UE). Les documents confirment une tendance établie par Meta au début du mois de conflit avec les responsables politiques européens.
Cet exercice de publication des rapports des plateformes est prescrit deux fois par an par l’UE. Il intervient à un moment où les tensions entre les entreprises américaines de réseaux sociaux et la Commission européenne sont particulièrement vives.
Ces tensions ont été aggravées par la décision de Meta d’abandonner son programme de vérification des faits par des tiers, en commençant par les États-Unis, et de passer à un modèle de « notes de la communauté », similaire à l’approche de X.
Il est probable que l’entreprise poursuive le même changement en Europe, le PDG Mark Zuckerberg ayant qualifié la législation de l’UE de censure.
Mardi, Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée de la Technologie, a déclaré aux eurodéputés qu’elle s’attendait à des engagements forts de la part des grandes entreprises technologiques américaines.
Elle a également promis de doubler le nombre de fonctionnaires européens travaillant à l’application du règlement sur les services numériques de l’Union (Digital Services Act, ou DSA) — le cadre général de régulation des entreprises de médias— d’ici à la fin de 2025.
Vague de retrait ?
Ce 22 janvier, Google a indiqué dans son rapport qu’il se retirerait des engagements pris en matière de vérification des faits pour YouTube, Google Ads et Search Engine. L’entreprise a argumenté qu’elle disposait déjà de « mesures raisonnables, proportionnées et efficaces pour atténuer les risques systématiques de désinformation sur [ses] services ».
L’entreprise avait déjà informé la Commission européenne de sa décision la semaine dernière. Selon la lettre, l’entreprise n’a jamais eu recours à la vérification des faits par des tiers, ni sur son moteur de recherche, ni sur YouTube.
Pour sa part, Microsoft a justifié sa décision en déclarant que la vérification des faits n’est pas « pertinente » pour Microsoft Bing Search et pas « proportionnée au profil de risque » de LinkedIn.
Citant la récente annonce de Mark Zuckerberg, Meta a déclaré qu’elle continuerait à respecter ses engagements en matière de vérification des faits pour le moment, mais que cette conformité dépendrait des changements imminents de sa politique de vérification des faits. Ceux-ci dépendront également de la réponse de la Commission à l’évaluation des risques que l’entreprise a envoyée à l’exécutif de l’UE au début du mois.
X s’est retirée du code de bonnes pratiques de 2022 après avoir été rachetée par le milliardaire Elon Musk.
De son côté, TikTok a annoncé qu’elle resterait signataire des engagements, « à condition que les autres signataires utilisant des services similaires fassent de même ». Un porte-parole de l’entreprise chinoise a déclaré que la plateforme restait signataire du code de pratique, « continuait à soutenir les objectifs plus larges du code » et « rendrait compte régulièrement de [ses] progrès ».
Une source a déclaré à Euractiv que tous les signataires devaient signer des engagements similaires en matière de vérification des faits, afin de maintenir des règles équitables. Si toutes les grandes plateformes font marche arrière, la Commission devra potentiellement reconsidérer les engagements de vérification des faits dans le cadre du code de bonnes pratiques.
Les organisations de la société civile signataires de ce code critiquent cette décision, craignant qu’elle n’affaiblisse considérablement le recours aux vérificateurs de faits indépendants. Selon Daniela Alvarado Rincón de Defend Democracy International, cette décision reflète une tendance croissante à critiquer la vérification des faits en tant qu’outil de lutte contre la désinformation.
Le code de bonnes pratiques 2022 reste un méchanisme d’autorégulation pour les signataires. Son statut juridique changera en juillet, lorsqu’il sera intégré au DSA en tant que code de conduite contraignant.
[AB]