Les parlementaires approuvent la nomination de Luc Rémont à la tête d’EDF

EDF à un nouveau PDG. Les parlementaires français ont approuvé mercredi (26 octobre), à une courte majorité, la nomination de Luc Rémont, actuel président de Schneider Electric, en tant que futur président-directeur général d’EDF.

Euractiv France
Luc Remont, new president of EDF group, at the French Parliament
Le nouveau PDG désigné du groupe nucléaire français EDF, Luc Remont, pose pour la presse avant l'audition devant la commission des affaires économiques du Parlement français à Paris, France, le 26 octobre 2022. Luc Remont, ancien directeur des opérations internationales de Schneider Electric, succédera à Jean-Bernard Levy au poste de PDG d'EDF. [EPA-EFE/TERESA SUAREZ ]

EDF a un nouveau PDG. Les parlementaires français ont approuvé mercredi (26 octobre), à une courte majorité, la nomination de Luc Rémont, actuel président de Schneider Electric, en tant que futur président-directeur général d’EDF.

Le gouvernement avait proposé la nomination de Luc Rémont à la tête de l’énergéticien national, EDF, le 29 septembre dernier. Fallait-il encore que le polytechnicien de 53 ans soit entendu par la représentation nationale, avant de succéder à Jean-Bernard Lévy, actuel patron de l’entreprise publique.

En commissions des Affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale, les parlementaires ont ainsi approuvé sa nomination à 58 voix, contre 48.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire a suggéré sur BFM jeudi matin (27 octobre), que Luc Rémont prenne ses fonctions dès la mi-novembre.

Ce sera « la mission d’une vie » s’est justifié le principal intéressé lors de son audition en commissions.

Une approbation sans unité

La nomination n’aurait pu être rejetée qu’au 3/5ème des suffrages exprimés, mais cette approbation mitigée montre une forte opposition.

Le groupe de la NUPES (gauche) s’est opposé à sa nomination, tout comme celui du Rassemblement national (RN — extrême droite), pour une raison que résume ainsi la députée Les Républicains (LR — droite), Anne-Laure Blin : « le grand flou ».

Avec le choix de Luc Rémont, quel est le projet du gouvernement s’interroge la rapporteuse, qui a également voté contre sa nomination : « est-il [Luc Rémont] prêt à garantir un projet industriel de souveraineté à la France, ou est-il mandaté pour démanteler cette grande entreprise nationale  ? »

EDF est en effet au cœur du débat public depuis que la Première ministre a annoncé la recapitalisation totale de l’entreprise par l’État — dont il est déjà actionnaire à 84 % — lors de son discours de politique générale, le 6 juillet dernier.

L’objectif est d’« assurer la souveraineté [de la France] face aux conséquences de la guerre et aux défis colossaux à venir », avançait la Première ministre, Elisabeth Borne.

Au lendemain du discours, le ministère de l’Économie prévenait ainsi qu’un nouveau président-directeur général (PDG) d’EDF pourrait être nommé avant l’échéance de fin de mandat du PDG actuel, soit le 18 mars 2023, afin qu’il soit « rapidement en mesure de mettre en œuvre les chantiers stratégiques et industriels annoncés par le président de la République ».

Parmi ces « chantiers » figurent la construction de six nouveaux réacteurs, la maintenance du parc actuel, l’accélération du développement des énergies renouvelables, mais aussi la recapitalisation de l’entreprise par l’État.

La privatisation des activités du groupe

Or, pour certains observateurs, élus d’oppositions et syndicalistes en tête, cette manœuvre permettrait d’accélérer le projet Hercule, initié en 2019, dont l’objectif est de diviser les activités de l’énergéticien français en trois entités, dont une concernant les activités renouvelables, ouverte aux investisseurs privés.

Pour certains, comme Jean-Michel Gauthier, directeur de la Chaire Énergie & Finance à HEC Paris, le projet est une bonne idée : « compte tenu de la bulle autour de la finance verte, il n’y a aucune raison pour que ce soit l’État qui détienne des capacités en solaire ou en éolien », déclarait-il.

Et avec son « pedigree très “réformard” » dénonce Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la branche Énergie du syndicat CGT, Luc Rémont aurait un profil intéressant pour mener à bien cette mission.

Actuel directeur général de Schneider Electric, le haut fonctionnaire a aussi occupé le poste de président de Gimélec, ainsi que celui de conseiller de la vente d’Alstom chez Bank of America Merrill Lynch.

Aux côtés de l’ancien ministre de l’Économie Thierry Breton sous présidence Jacques Chirac, il a travaillé à la fusion entre GDF et Suez qui a signé la privatisation de GDF, mais aussi à l’introduction en Bourse d’EDF.

Le futur PDG d’EDF sera dorénavant chargé de son retrait de la cotation boursière suspendue le 13 juillet dernier pour éviter l’emballement de la valeur de l’action de l’entreprise avant rachat par l’État.