L'extrême droite suédoise prête à supprimer l'appartenance à l'UE de la Constitution du pays

La référence à l’Union européenne devrait être supprimée de la Constitution suédoise, a affirmé mardi le parti suédois d'extrême droite Démocrates suédois d’extrême, assumant leur volonté d'aller vers un « Swexit », à quelques mois des élections UE.

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En pratique, cela signifie que la phrase « La Suède fait partie de l’Union européenne », ajoutée en 2010 à la constitution suédoise, devrait être supprimée. [EPA-EFE/JANERIK HENRIKSSON SWEDEN OUT]

La référence à l’Union européenne devrait être supprimée de la Constitution suédoise, a affirmé mardi (13 février) le parti suédois d’extrême droite Démocrates suédois d’extrême, assumant leur volonté d’aller vers un « Swexit », à quelques mois des élections UE.

Dans un article publié dans le quotidien Aftonbladet, Jimmie Åkesson, président du parti d’extrême droite Démocrates de Suède (SD) — le deuxième parti du pays —, et Charlie Weimers, vice-président du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement européen ont donné le ton pour les prochaines élections, et font planer la menace d’une sortie de la Suède de l’UE.

En pratique, cela signifie que la phrase « La Suède fait partie de l’Union européenne », ajoutée en 2010 à la constitution suédoise, devrait être supprimée.

« Quiconque a déjà pris part à des négociations sait qu’il faut être prêt à quitter la table pour obtenir le résultat souhaité », écrivent MM. Weimers et Åkesson, ajoutant que « cela indique que la Suède est prête à partir en dernier recours et que Bruxelles ne peut pas se permettre de perdre d’autres contributeurs nets ».

Selon les deux hommes, la Suède est perdante sur plusieurs points, notamment sur la directive sur le salaire minimum, qui, selon eux, menace le modèle de marché du travail suédois. Bruxelles mettrait aussi à mal l’industrie forestière suédoise qui, toujours selon eux, est utilisée comme un puits de carbone commun pour compenser la production d’électricité polluante sur le continent.

« En renonçant à inscrire dans la constitution que la Suède devrait être dans l’UE, nous montrons que la Suède est flexible et qu’elle est autonome », a déclaré Charlie Weimers à la chaîne nationale suédoise SVT la semaine dernière.

« Verrou référendaire »

Longtemps opposés au projet européen, les Démocrates de Suède ont déclaré il y a quelques années qu’ils ne soutiendraient plus le retrait de la Suède de l’UE. Cependant, il y a un peu plus d’un an, M. Åkesson a annoncé qu’ils réévalueraient l’adhésion de la Suède à l’UE.

Le leader du SD l’a qualifiée de « camisole de force » et a affirmé que la Suède avait renoncé à une grande partie de son droit à l’autodétermination.

Dans la perspective des élections européennes de juin, le parti d’extrême droite demande donc au parlement suédois d’adopter un « verrou référendaire », qui exigerait un référendum sur tout transfert de pouvoir de la Suède vers l’UE jugé « significatif » ou impliquant « des exigences nouvelles ou plus importantes en matière de paiements ».

Si l’opposition des Démocrates de Suède à l’UE n’est pas nouvelle, ces déclarations pourraient à terme devenir un casse-tête pour la coalition de centre droit pro-européenne du pays, composée des Modérés (centre), des Chrétiens-démocrates et des Libéraux.

Or, cette même coalition dépend du soutien officiel des Démocrates de Suède, inscrit dans l’accord de coalition, dans lequel le parti d’extrême droite apporte son soutien à la coalition en échange de la mise en œuvre de son programme en matière d’immigration.

Des affrontements sont donc inévitables à l’approche des élections européennes.
Contacté par Euractiv, le gouvernement suédois n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ses relations avec les Démocrates de Suède dans la perspective des prochaines élections européennes.