L’extrême gauche et les séparatistes catalans renforcent leurs exigences en échange de leur soutien à Pedro Sánchez

La plateforme de gauche Sumar, son ancien allié d’extrême gauche Podemos et le parti séparatiste catalan JxCat intensifient la pression sur le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour qu’il accepte leurs exigences politiques en échange d’un vote sur le budget national de 2025, clé de la survie du gouvernement.

EFE avec EURACTIV.com
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Les sept votes convoités des députés du JxCat, ainsi que les sept autres de l’ERC et les votes au parlement des deux formations basques indépendantistes, le Parti nationaliste basque et Euskal Herria Bildu, sont essentiels pour que le gouvernement ne tombe pas. [EPA-EFE/DANIEL GONZALEZ]

La plateforme de gauche Sumar, son ancien allié d’extrême gauche Podemos et le parti séparatiste catalan JxCat intensifient la pression sur le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour qu’il accepte leurs exigences politiques en échange d’un vote sur le budget national de 2025, clé de la survie du gouvernement.

Alors que la fragile stabilité du gouvernement de coalition de Pedro Sánchez entre son parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et Sumar semblait assurée grâce au soutien crucial du parti séparatiste catalan de droite JxCat et de son rival de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), la situation est devenue extrêmement compliquée au cours des dernières semaines pour le Premier ministre espagnol.

Après avoir adopté une loi d’amnistie controversée — jugée inconstitutionnelle par le centre droit et l’extrême droite — et fait des concessions radicales à l’autonomie catalane, Pedro Sánchez s’est assuré le soutien parlementaire du JxCat, dirigé par le président catalan Carles Puigdemont, actuellement exilé en Belgique.

JxCat et l’ERC considèrent tous deux la loi d’amnistie comme un premier pas vers un hypothétique référendum sur l’indépendance, même si 53 % des huit millions de Catalans voteraient contre, selon un récent sondage de l’institut CEO.

Mais les relations entre le PSOE et JxCat sont devenues plus tendues, car Carles Puigdemont et ses plus proches collaborateurs font face à des obstacles au sujet de leur exonération promise par le tribunal pour des crimes présumés liés à la tentative de sécession d’octobre 2017.

En conséquence, le parti de Carles Puigdemont rend la vie difficile à Pedro Sánchez, en augmentant le « prix à payer » politiquement en échange de son soutien parlementaire.

En juillet dernier, le JxCat a rejeté un premier projet de budget pour 2025, considéré par de nombreux experts comme un outil essentiel pour garantir la gouvernance de Pedro Sánchez, qui devrait théoriquement durer jusqu’en 2027.

Les sept votes convoités des députés du JxCat, ainsi que les sept autres de l’ERC et les votes au parlement des deux formations basques indépendantistes, le Parti nationaliste basque et Euskal Herria Bildu, sont essentiels pour que le gouvernement ne tombe pas.

En septembre, la deuxième tentative du gouvernement d’approuver le premier projet de budget 2025 a également échoué, JxCat ayant une nouvelle fois rejeté le texte, affirmant qu’il était « totalement inadéquat » parce qu’il ne donnait pas la priorité aux intérêts économiques de la Catalogne.

Les partis séparatistes, notamment JxCat, ont intensifié la pression sur Pedro Sánchez en échange de son maintien, notamment par la création d’une « agence fiscale catalane » qui collecterait et gérerait les impôts de manière autonome, à l’instar de ce que font actuellement les communautés de Navarre et du Pays basque.

Le message de Carles Puigdemont est clair : la formation séparatiste JxCat ne lui apportera pas un soutien parlementaire inconditionnel, mais sur une base ad hoc qui dépendra des intérêts de la Catalogne.

Une « rébellion » d’extrême gauche au sein du gouvernement

« Nous ne sommes pas des partenaires. Nous ne tiendrons compte que du fait que ce qui est voté [au parlement] profite ou non à la Catalogne », ont récemment déclaré des sources du JxCat, citées par La Sexta. Le parti séparatiste affirme, entre autres, que la Catalogne ne bénéficierait pas du projet de budget de l’année prochaine, puisque, selon ses calculs, l’État central conserverait 90 % des 40 milliards d’euros qu’il prévoit de dépenser chaque année.

Mais ce ne sont pas les seules revendications auxquelles sont confrontés le Premier ministre espagnol et son gouvernement.

Certains membres de Sumar — dont la ministre du Travail Yolanda Díaz, le ministre des Droits sociaux Pablo Bustinduy et le ministre de l’Éducation Ernest Urtasun — ont clairement exprimé leurs critiques.

Les voix dissidentes de certains membres éminents de Sumar ont été rejointes par Podemos, qui a clairement fait savoir qu’il ne soutiendrait plus l’exécutif si le gouvernement ne promouvait pas davantage de politiques sociales, y compris des mesures pour tenter de freiner l’augmentation incessante du prix des maisons à acheter ou à louer.

Les responsables politiques de Sumar ont pris leurs distances avec le gouvernement à tel point que certains médias, dont El País, ont déclaré jeudi 24 octobre que « Sumar s’oppose à Pedro Sánchez depuis l’intérieur du gouvernement ».

Selon plusieurs analystes cités dans les médias, il existe un malaise au sein de la gauche radicale — y compris chez certains membres de Sumar — face à ce qu’ils considèrent comme le « virage à droite » du PSOE et du gouvernement sur certains aspects de l’agenda social.

Un exemple concret de la détérioration progressive des relations entre le camp d’extrême gauche, le PSOE et le gouvernement est la phrase prononcée la semaine dernière par Pablo Iglesias, fondateur de Podemos et ancien ministre des Droits sociaux.

Si tous les partis de gauche s’unissent au parlement, ils auront « assez de force pour tordre le bras de Pedro Sánchez », a-t-il déclaré, selon EFE.