Lutte contre la déforestation : les eurodéputés votent pour l’inclusion des importations de maïs et de viande dans la législation

Le Parlement européen a voté en faveur de l’ajout du maïs, de la volaille et de la viande de porc à la liste des produits agricoles couverts par la nouvelle législation européenne contre les importations de produits liés à la déforestation.

EURACTIV.com
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La proposition, qui avait initialement été présentée par la Commission européenne en novembre de l’année dernière, a pour objectif de garantir que les produits et les marchandises importés dans l’Union européenne ne soient pas liés à la déforestation, c’est-à-dire qu’ils ne contribuent pas à la déforestation tout au long de leur chaîne de valeur. [[SHUTTERSTOCK]]

Le Parlement européen a voté en faveur de l’ajout du maïs, de la volaille et de la viande de porc à la liste des produits agricoles couverts par la nouvelle législation européenne contre les importations de produits liés à la déforestation. Cette décision a été saluée par les militants écologistes, mais critiquée par les représentants de l’industrie.

La proposition, qui avait initialement été présentée par la Commission européenne en novembre de l’année dernière, a pour objectif de garantir que les produits et les marchandises importés dans l’Union européenne ne soient pas liés à la déforestation, c’est-à-dire qu’ils ne contribuent pas à la déforestation tout au long de leur chaîne de valeur.

La plénière du Parlement a adopté un texte de compromis déposé par le rapporteur Christophe Hansen (PPE) mardi (13 septembre), qui indique que la liste des produits et intrants agricoles couverts par la législation devrait être étendue par rapport à la proposition initiale de la Commission.

La proposition initiale comprenait six produits de base : l’huile de palme, le cacao, le café, le bœuf, le soja et le bois.

Les eurodéputés souhaitent notamment que le maïs et les dérivés de l’huile de palme soient ajoutés à la liste. Ces deux produits n’avaient pas été retenus dans la proposition de l’exécutif, malgré le fait qu’une étude d’impact menée par la Commission avait conclu que leur inclusion contribuerait à la lutte contre la déforestation.

Selon l’étude, le maïs « a un impact, mais il est moins important que celui des six autres produits qu’ils ont proposés », a expliqué M. Hansen lors de la conférence de presse qui a suivi le vote en plénière.

Toutefois, cet impact est « non négligeable », a-t-il ajouté.

L’inclusion du maïs avait été réclamée par les Verts et les Socialistes, mais restait une question controversée en raison de l’importance clé du produit pour l’industrie de l’alimentation animale.

« Si nous voulons nous attaquer à l’empreinte de la déforestation de l’UE de manière globale, ces facteurs clés de la déforestation [le maïs et le caoutchouc] doivent être inclus », a confié l’eurodéputée socialiste Delara Burkhardt aux journalistes avant le vote.

Des messages positifs et des avertissements

Le vote du Parlement a été salué par de nombreux eurodéputés ainsi que par les militants écologistes.

« Aujourd’hui est un grand jour pour la protection des forêts mondiales ! » a déclaré l’eurodéputé écologiste Martin Häusling dans un communiqué avant d’ajouter que, dans l’ensemble, la position du Parlement se révélait « très ambitieuse ».

Anke Schulmeister-Oldenhove, responsable principale de la politique forestière au Fonds mondial pour la nature (WWF), a déclaré que le Parlement a voté « pour une loi forte sur la déforestation » et a appelé les États membres à suivre le mouvement.

Les représentants de l’industrie ont quant à eux exprimé leurs inquiétudes concernant cette position.

Dans une déclaration commune, le Comité du commerce des céréales et des aliments du bétail (COCERAL), la Fédération de l’industrie de l’huilerie (FEDIOL) et la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (FEFAC) ont prévenu que le texte du Parlement « risque d’alimenter les pénuries de la chaîne d’approvisionnement et l’inflation des prix dans l’UE ».

Les organisations ont appelé les législateurs à travailler avec les acteurs de la chaîne d’approvisionnement afin de mieux anticiper les problèmes qui pourraient survenir lors de la mise en œuvre de la nouvelle législation.

Une contre-attaque des États membres est attendue

Dans le même temps, une contre-attaque significative est attendue de la part des États membres lors des prochaines négociations en trilogue avec le Conseil des ministres des États membres du bloc.

« Je sais que du côté du Conseil, il n’y a actuellement aucune volonté d’étendre le champ d’application au-delà des produits de base qui ont été proposés par la Commission », a expliqué M. Hansen.

Les États membres ont publié leur position sur la proposition de la Commission en juin et vont maintenant chercher un consensus sur le dossier avec les représentants du Parlement et de la Commission lors des négociations interinstitutionnelles (trilogues).

La décision d’inclure la viande de volaille et de porc en plus de la viande bovine a été prise à la demande de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, qui avait déposé un avis sur la question, dans le but de lutter contre la « concurrence déloyale » entre les agriculteurs nationaux et ceux des pays tiers, a expliqué M. Hansen.

Sans réglementation sur les importations, les éleveurs de l’UE devraient garantir une production exempte de déforestation alors que la même norme ne s’appliquerait pas à la viande provenant de pays tiers, a-t-il indiqué.

De nombreux législateurs agricoles, de même que le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, avaient précédemment fait valoir qu’« il peut être justifié d’appliquer nos normes de production aux importations ».

M. Hansen a conclu que, « outre la lutte contre la perte de biodiversité et le changement climatique », l’inclusion de produits supplémentaires « profitera à nos agriculteurs sur le long terme, car ils obtiendront de meilleurs prix » pour ces produits.

Au-delà des produits supplémentaires que les législateurs souhaiteraient voir inclus immédiatement, ils ont également invité la Commission à procéder à une évaluation après l’entrée en vigueur de la nouvelle législation afin de déterminer quels produits — comme le sucre, par exemple — pourraient être inclus à l’avenir.