Macédoine du Nord : Zoran Zaev démissionne officiellement de son poste de Premier ministre

Zoran Zaev a officiellement démissionné de son poste de Premier ministre de Macédoine du Nord, en envoyant sa lettre de démission au président du parlement.

/ EURACTIV Bulgarie / EURACTIV Croatie
Macedonian Prime Minister Zoran Zaev sent his resignation to the Parliament of North Macedonia in Skopje
Zoran Zaev a officiellement démissionné de son poste de Premier ministre de Macédoine du Nord, en envoyant sa lettre de démission au président du parlement. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

Zoran Zaev a officiellement démissionné de son poste de Premier ministre de Macédoine du Nord, en envoyant sa lettre de démission au président du parlement. Dimitar Kovačevski, un économiste de 47 ans formé à Harvard et le leader nouvellement élu du SDM au pouvoir, remplacera Zaev en tant que Premier ministre par intérim jusqu’à la mi-janvier 2022.

Zaev a occupé le poste de Premier ministre de mai 2017 à janvier 2020, signant et mettant en œuvre l’accord de Prespa avec la Grèce qui a conduit au changement du nom du pays – l’attribut Nord a été ajouté – et à la levée du blocage d’Athènes pour l’adhésion à l’OTAN. Après que la France, entre autres pays, a bloqué le démarrage des négociations d’adhésion à l’UE en 2019, Zaev a démissionné mais a remporté les élections en 2020.

Une fois que le Parlement aura officiellement accepté la démission de M. Zaev, le président Stevo Pendarovski aura 10 jours pour remettre à la coalition dirigée par le SDSM le mandat de former un nouveau gouvernement, tandis que le VMRO-DPMNE, principal parti d’opposition, réclame des élections anticipées.

Le leader du SDSM aura alors 20 jours pour former un gouvernement qui aura le soutien de la majorité des députés.

M. Zaev a décidé de démissionner à la mi-octobre après les mauvais résultats du SDSM aux élections locales, la perte de la capitale Skopje étant l’une des principales raisons.

Sa décision a ouvert la boîte de Pandore avec Hristijan Mickoski, leader du VMRO-DPMNE, qui tente de trouver une nouvelle majorité dans le Sobranje. Zaev n’a que 61 voix sur 120. Ali Ahmeti, leader du plus grand parti albanais, le DUI, s’y oppose fermement, tout comme la principale faction du SDSM. Zaev reporte la décision, passe un nouvel accord avec Alternativa, un autre parti albanais, et la coalition gouvernementale se renforce avec 64 voix.

Selon certaines rumeurs, le report a été influencé par certains pays occidentaux en raison des contacts trop étroits que le VMRO-DPMNE entretient avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et de sa vulnérabilité à l’influence russe.

Les adversaires politiques, dont la ministre de la Défense Radmila Šekerinska, considèrent Kovačevski comme la marionnette de Zaev, persuadés que l’ex-PM reviendra peut-être avant les élections de 2024.

Kovačevski, une fois élu, devra faire face à plusieurs problèmes, notamment la crise de la COVID-19, la crise énergétique, car la Macédoine du Nord produit 80 % de son électricité dans des centrales à charbon et importe un tiers de ses besoins énergétiques, ainsi que le blocus bulgare auquel elle est confrontée dans les négociations d’adhésion à l’UE. Pas un job de rêve.

La démission de M. Zaev ouvre la voie à la reprise des négociations avec Sofia avec une énergie nouvelle.

La Bulgarie a également un nouveau premier ministre, le jeune économiste Kiril Petkov, qui souhaite disposer de six mois pour résoudre le problème du veto avec Skopje. La démission de M. Zaev pourrait contribuer à l’accomplissement de cette tâche, car il existe une importante méfiance à son égard en Bulgarie. Au cours de l’année écoulée, Skopje n’a donné aucun signe de son intention de faire quoi que ce soit pour résoudre les problèmes bilatéraux, s’en remettant à la pression exercée par les États-Unis et l’UE sur la Bulgarie, qui n’a jusqu’à présent donné aucun résultat.