Sortie du charbon : Angela Merkel refuse de revoir le délai de l'Allemagne
Samedi 15 mai, la chancelière allemande Angela Merkel a rejeté les appels visant à modifier la date de sortie du charbon en Allemagne, actuellement fixée à 2038.
Samedi 15 mai, la chancelière allemande Angela Merkel a rejeté les appels visant à modifier la date de sortie du charbon en Allemagne, actuellement fixée à 2038.
« Ceux touchés ont besoin de stabilité pour atteindre la neutralité carbone », a déclaré Angela Merkel ajoutant qu’elle ne souhaitait pas défaire une nouvelle fois ce qui avait été accompli en un an.
La loi allemande pour la sortie du charbon a été approuvée en juillet 2020, soit 18 mois après la formulation des recommandations de la Commission « Croissance, Changement structurel et Emploi », visant une sortie du charbon pour 2038 au plus tard.
Une date qui fait tâche par rapport aux délais fixés en la matière au sein des autres États membres : si la plupart se rejoignent pour une sortie du charbon en 2030 ou avant, la Belgique et l’Autriche ont déjà supprimé le charbon de leur bouquet énergétique.
L’accord de Paris appelle également les pays développés à s’affranchir du charbon d’ici à 2030, à savoir huit ans avant la date butoir actuelle en outre-Rhin.
De plus, la Commission européenne évalue actuellement un régime compensatoire à 4,35 milliards d’euros prévu pour les sociétés allemandes, approuvé dans le cadre du plan allemand de sortie du charbon. D’après l’UE, les montants mentionnés « constituent très probablement des aides d’État » en vertu du droit européen.
Avec la République tchèque et la Pologne, l’Allemagne occupe le podium des trois plus grands brûleurs de charbon au sein du navire européen.
Toutefois, de plus en plus de craintes s’élèvent face au taux de carbone rejeté et la pollution atmosphérique liée à la combustion du charbon. Sur le plan économique, la lignite traverse également des turbulences alors que les prix du carbone montent en flèche à travers le bloc, jusqu’à à atteindre des plafonds historiques.
« L’ère des centrales à charbon est bientôt révolue, si bien que beaucoup d’unités ne sont plus rentables. Ces tendances sur le marché doivent être prises en compte dans les stratégies nationales », peut-on lire dans un rapport publié par le groupe de réflexion Agora Energiewende.
Le charbon dur n’est plus lucratif pour l’Allemagne depuis les années 1970. Il a dû être subventionné pendant 40 ans, a fait savoir le co-auteur de l’étude, Philipp Litz, dans un entretien avec EURACTIV.
L’Allemagne s’affaire actuellement à revoir ses ambitions climatiques après que sa loi climat a été déclarée trop peu ambitieuse dans un arrêt rendu par la Cour constitutionnelle.
La loi visait à réduire les émissions de 55 % d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Elle a néanmoins été jugée trop vague par les magistrats. De ce fait, les législateurs ont jusqu’à 2022 pour agir.
Le gouvernement fédéral a répondu sans attendre, souhaitant porter la réduction des émissions de gaz à effet de serre à 65 % d’ici à 2030 et atteindre la neutralité carbone d’ici à 2045.
En revanche, pour les défenseurs du climat, sans une sortie du charbon fixée plus tôt, ces nouvelles ambitions ne pourront pas être réalisées.