OTAN : la République tchèque soutient l’objectif de 5 % du PIB pour les dépenses de défense
Le président tchèque Petr Pavel a affirmé mercredi 21 mai que son pays était disposé à appuyer un relèvement de l’objectif actuel de dépenses de défense 2 % à 5 % du PIB, dans le cadre des discussions prévues lors du sommet de l’OTAN en juin.
La République tchèque se dit favorable à une éventuelle révision à la hausse des objectifs de dépenses militaires de l’OTAN. Le président Petr Pavel a affirmé mercredi 21 mai que son pays était disposé à appuyer un relèvement de l’objectif actuel de 2 % à 5 % du PIB, dans le cadre des discussions prévues lors du sommet de l’Alliance à La Haye en juin.
L’Alliance envisage de porter son objectif de dépenses de défense pour les Alliés à 5 % du PIB national, un seuil que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, propose de diviser en 3,5 % pour les dépenses directes de défense et 1,5 % pour les dépenses de sécurité au sens large.
« Si les discussions à La Haye nous amènent à un consensus sur la nécessité de consacrer jusqu’à 5 % du PIB à la défense, la République tchèque est prête à le soutenir », a expliqué Petr Pavel aux journalistes après une rencontre avec Mark Rutte mercredi.
Cette mesure constitue une augmentation considérable par rapport à l’objectif actuel de 2 %, décidé par les Alliés en 2014 et que Prague a finalement atteint l’année dernière. Le gouvernement du Premier ministre Petr Fiala (ODS, Conservateurs et Réformistes européens) s’est déjà engagé à atteindre 3 % d’ici 2030, mais Petr Pavel — ancien chef des forces armées tchèques et ex-président du Comité militaire de l’OTAN — estime que les Alliés devront peut-être aller plus loin.
« Lorsque l’on additionne tous les besoins des forces armées et toutes les exigences qui découlent du cycle de planification de la défense pour les années 2025 à 2029 et que l’on traduit ces chiffres en pourcentage du PIB, on arrive à un pourcentage compris entre 3,5 et 3,7 % », a noté le président. « La situation est similaire dans d’autres pays », a-t-il précisé.
Il a toutefois mis en garde contre le fait de se baser uniquement sur des chiffres. « Nous ne devons certainement pas lancer le débat en nous demandant quel pourcentage du PIB nous devons consacrer à la défense, mais plutôt en nous demandant ce dont nous avons besoin pour nous sentir en sécurité. »
Cette discussion s’inscrit dans une dynamique européenne généralisée de renforcement des budgets de défense.
Plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, longtemps en retrait sur le plan militaire, ont récemment accéléré leurs efforts budgétaires sous la pression des États-Unis et à la lumière de la guerre en Ukraine.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]