Pêche profonde : des quotas stables proposés pour 2013 et 2014

Les ressources halieutiques se portent relativement bien selon les avis scientifiques. Les quotas devraient rester stables mais la Commission estime que cela ne met pas en cause l’interdiction de pêcher au chalut dans les eaux profondes.

Les ressources halieutiques se portent relativement bien selon les avis scientifiques. Les quotas devraient rester stables mais la Commission estime que cela ne met pas en cause l’interdiction de pêcher au chalut dans les eaux profondes.

En 2013 et 2014, les pêcheurs européens naviguant la zone Nord-Est de l’Atlantique devraient avoir le droit de pêcher autant de poissons que les années précédentes. 

La Commission européenne vient de publier ses propositions de quotas, en suivant les avis scientifiques du Conseil international pour l’exploitation de la mer (CIEM). Sur les 24 stocks de poissons référencés, trois verront les totaux admissibles de captures (TAC) augmenter, 13 seront en recul et 8 resteront au même niveau. 

>>> Pour avoir accès à la liste détaillée 

«Pour préserver les pêcheries d’eau profonde, nous devons suivre les avis scientifiques et ne pas surexploiter les espèces vulnérables. Néanmoins, trois des stocks concernés semblent en passe d’être reconstitués et d’atteindre un niveau compatible avec le rendement maximum durable. Nous avons un objectif de gestion clair : assurer une exploitation durable à long terme de ces stocks », a estimé Mme Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche.

La Commission a précisé dans son communiqué qu’à deux exceptions près, « les données disponibles (…) sont insuffisantes pour permettre d’évaluer intégralement l’état des stocks ». En effet, même si la recherche a fait beaucoup de progrès ces dernières années, en travaillant étroitement avec les pêcheurs, les scientifiques ont encore énormément de mal à quantifier les stocks. La baisse de certains quotas s’expliquent ainsi par le principe de précaution. 

Signal positif 

Cette publication intervient trois mois après la proposition de la commissaire d’interdire dans les années à venir la pêche au chalut en eau profonde, au nom de la préservation d’écosystèmes fragiles. 

Cette position a toujours été vivement critiquée en France, en particulier par les professionnels qui assurent faire le nécessaire pour protéger les poissons. L’étude du CIEM est perçue comme « une tendance positive » qui démontre les efforts pour préserver la ressource estime Tristan Douard, directeur général de la Scapêche, principal armateur français utilisant des chaluts en eau profonde. 

La question de l’impact 

Mais pour la Commission européenne, les deux questions sont complètement différentes. « Le droit existant nous oblige de publier des quotas tous les deux ans » explique Oliver Drewes, porte parole de l’institution. « Mais cela ne change rien aux bases de la proposition de juillet ». Pour l’exécutif européen, il s’agit avant tout d’interdire une méthode de pêche, jugée néfaste pour l’environnement. « Nous ne voulons pas interdire les pêcheurs d’avoir une activité économique ». 

Mais interdire le chalut en eau profonde revient indirectement à condamner le secteur puisqu’aucune autre technique ne permet de maintenir une activité économique viable.

M. Douard reconnaît aussi la différence entre « une ressource halieutique durable et un environnement durable » mais il considère que toute activité humaine a forcément une repercussion sur le milieu naturel, y compris les autres techniques de pêche. « Nous ne discutons pas la nécessité de protéger les écosystèmes marins, mais reste à savoir où ils sont, et pourquoi ne pas maintenir la pêche dans les zones déjà chalutées depuis des années, tout en sanctuarisant les autres ? ». 

Le débat entre Paris et Bruxelles reste vif. La proposition de la Commission de juillet sera examinée dans les mois à venir par les États et le Parlement.