Politique de l’UE en 2023 : du Qatargate à l’immigration, une année mouvementée

Cette année mouvementée en matière de politique de l’UE a commencé par des enquêtes et des arrestations d’eurodéputés impliqués dans le scandale du Qatargate et s’est terminée par l’adoption de réformes visant à durcir la politique migratoire de l’Union européenne.

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Cette année mouvementée en matière de politique de l’UE a commencé par des enquêtes et des arrestations d’eurodéputés impliqués dans le scandale du Qatargate et s’est terminée par l’adoption de réformes visant à durcir la politique migratoire de l’Union européenne. [[Esther Snippe]]

Cette année mouvementée en matière de politique de l’UE a commencé par des enquêtes et des arrestations d’eurodéputés impliqués dans le scandale du Qatargate et s’est terminée par l’adoption de réformes visant à durcir la politique migratoire de l’Union européenne.

Pourtant, l’article le plus lu sur notre site porte sur un sujet que la plupart des politiques à Bruxelles pensaient clos.

Il s’agit de l’article consacré au recours désespéré de citoyens britanniques, vivant au Royaume-Uni et dans l’UE, contestant le Brexit, au motif que celui-ci les avait privés des droits qu’ils avaient acquis en tant que citoyens de l’UE.

Ce recours a été rejeté par la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) qui a confirmé que « la perte du statut de citoyen de l’Union […] [est] une conséquence automatique de la seule décision prise souverainement par le Royaume-Uni de se retirer de l’Union, et non de l’accord de retrait ou de la décision du Conseil. »

Un Brexit au goût amer

La décision, qui n’a pas été une surprise, confirme que les ressortissants de pays tiers ou d’anciens États membres ne peuvent acquérir la citoyenneté de l’UE qu’en devenant citoyens d’un pays membre du bloc.

Le statut des Britanniques qui vivent et travaillent encore dans l’UE et de leurs homologues de l’UE au Royaume-Uni reste l’une des questions les plus délicates du processus du Brexit.

Toutefois, les relations entre l’UE et le Royaume-Uni se sont progressivement améliorées au cours de l’année 2023. En février, les représentants de l’UE et du Royaume-Uni ont finalement résolu leur différend de longue date sur la mise en œuvre du protocole sur l’Irlande du Nord, qui régit le commerce sur l’île d’Irlande et entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord.

Ils ont également statué sur le statut du Royaume-Uni en tant que membre associé du programme de recherche et de développement Horizon Europe, qui permettra aux scientifiques et aux chercheurs britanniques d’obtenir un financement de l’UE pour des projets conjoints.

Il n’est pas certain que le retour de l’ancien Premier ministre David Cameron — généralement considéré comme ayant fait sortir le Royaume-Uni de l’UE par erreur — au poste de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Rishi Sunak permet de continuer à rétablir les liens entre Londres et Bruxelles.

Bilan du Qatargate

L’arrestation, en décembre 2022, d’une poignée d’eurodéputés et d’assistants parlementaires et la saisie de 1,5 million d’euros en espèces ont ébranlé les institutions européennes et mis en lumière les relations souvent troubles entre les parlementaires de l’UE et les gouvernements de pays tiers.

Le scandale du Qatargate, impliquant des législateurs de l’UE qui cherchaient à blanchir les violations des droits humains au Qatar, au Maroc et en Mauritanie, a incité les eurodéputés à réécrire leur règlement intérieur afin de mettre en place un régime plus strict concernant l’accès d’acteurs de pays tiers, et de lobbyistes en général, au Parlement européen.

Cependant, il est peu probable que le projet de créer un organe indépendant chargé de l’éthique au sein de l’UE aille de l’avant.

Par ailleurs, l’eurodéputée grecque Eva Kaili, son partenaire Francesco Giorgi, un assistant parlementaire, l’eurodéputé belge Marc Tarabella et l’italien Andrea Cozzolino ont été remis en liberté courant 2023, mais font face à des accusations de corruption et de blanchiment d’argent. Ils nient toute malversation.

L’ancien député européen italien Pier Antonio Panzeri, l’ancien patron de M. Giorgi, a avoué être à la tête du projet dans le cadre d’un accord de plaidoyer. Les affaires devraient être jugées l’année prochaine.

Le fait que les suspects du scandale du Qatargate étaient tous socialistes (S&D) a conduit le Parti populaire européen (PPE) de centre droit de qualifier l’affaire de « scandale socialiste ».

Similairement, la descente de la police belge au siège du PPE en mars, concernant une affaire sans rapport avec le Qatargate, a également fait grimper les audiences d’Euractiv, qui a été le premier média à révéler l’information.

Tragédie humaine

Alors que les législateurs de l’UE ont passé une grande partie de l’année à renforcer les règles de l’Union en matière d’immigration et d’asile, parvenant à un accord concernant cinq nouvelles lois le 20 décembre, la tragédie humaine de la migration continue en Méditerranée.

Eleonora Vasques d’Euractiv a passé plusieurs semaines à faire des reportages en première ligne à bord de l’Ocean Viking, y compris l’article ci-dessous détaillant comment les gardes-côtes libyens ont tiré à plusieurs reprises alors que deux bateaux de l’ONG SOS Méditerranée menaient une opération de sauvetage de onze personnes en détresse dans les eaux internationales.

Par ailleurs, le reportage exclusif d’Euractiv indiquant que les autorités italiennes n’ont pas tenu compte des avertissements de l’agence européenne des frontières et des côtes Frontex selon lesquels un navire qui a fini par couler au large de ses côtes, faisant 60 morts, pourrait transporter un grand nombre de personnes, a constitué un autre rappel douloureux de la souffrance humaine dans les mers d’Europe.

Schengen menacé

Les frontières intérieures de l’UE ont également fait la une des journaux et de nos d’audience cette année.

Nos journalistes Davide Basso et Nikolaus Kurmayer ont expliqué comment le fait qu’un nombre croissant de pays maintiennent ou réintroduisent les contrôles aux frontières intérieures, en invoquant des craintes liées à l’immigration ou au terrorisme, a entraîné une perturbation de la zone de libre circulation des passeports de Schengen en raison d’une série de nouveaux contrôles.

Par ailleurs, les législateurs européens se sont mis d’accord sur de nouvelles règles visant à numériser les procédures de demande de visa dans l’espace Schengen. Les visas seront délivrés en format numérique, sous la forme d’un code-barres 2D signé par cryptographie, afin de réduire les risques de vignettes de visa contrefaites ou volées.

L’année 2024 sera dominée par les élections du Parlement européen — où les partis d’extrême droite et nationalistes devraient faire des percées significatives, mais non décisives — suivies de la nomination d’une nouvelle Commission européenne.

La rédaction d’Euractiv sera présente pour couvrir les évènements. D’ici là, merci de votre fidélité.