Les dirigeants européens recherchent l'inspiration auprès du pape
Les chefs d’État européens rencontreront le Pape François le 24 mars à Rome, avant le sommet qui devrait donner à l’UE une nouvelle direction à l'UE post- Brexit.
Les chefs d’État européens rencontreront le Pape François le 24 mars à Rome, avant le sommet qui devrait donner à l’UE une nouvelle direction à l’UE post- Brexit.
Le 25 mars, à l’occasion du 60ème anniversaire du traité de Rome, les dirigeants européens se rencontreront dans la capitale italienne, dans l’espoir de créer une nouvelle vision positive pour le projet européen, en prise à des crises multiples. La veille, ils s’entretiendront avec le Pape François au Vatican, a déclaré un diplomate à Euractiv.
Le 27 février, Joseph Muscat, le Premier ministre maltais, a mentionné une rencontre possible avec le pape, qui pourrait « fournir une direction qui manque aux personnalités politiques » dans le contexte des 60 ans du traité de Rome.
« Je pense que [le pape] est le dirigeant le plus à même, étant donné les circonstances, d’avoir les compétences et la vision de tenir un discours transcendant l’évidence et les banalités que nous proférons tous, en politique », a déclaré le Premier ministre lors d’un forum sur les relations de voisinage de l’UE, organisé à la Valette par l’institut Jacques Delors. Il ajoute, avec un sourire, « et cela vient d’un socialiste. »
Selon Yves Bertoncini, directeur de l’institut, depuis la fin du mandat de Barack Obama, le pape est la seule autorité morale en mesure de servir de guide aux dirigeants européens. Des diplomates ont indiqué à Euractiv que l’idée d’une rencontre entre le pape et les dirigeants européens avait été proposée il y a un certain temps et avait reçu des réactions positives.
Lors d’un premier discours au Parlement européen, en novembre 2014, le Pape François avait souligné le besoin de créer de l’emploi, et le danger que représentait la bureaucratie, qui risquait de suffoquer les idéaux qui avaient insufflé tant d’espoir dans les institutions européennes.
Le Pape François estime que l’Europe doit trouver un nouvel élan, une nouvelle énergie, elle qui apparaît « vieille et fatiguée » au pontife, qui la compare à une grand-mère qui n’est plus fertile ni passionnée. « Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions », a-t-il regretté.
Le 25 novembre, le pape avait exhorté les dirigeants européens à aider davantage les milliers de migrants qui risquaient leur vie pour s’installer sur le continent. « La Méditerranée ne doit pas devenir un grand cimetière », avait-t-il plaidé.
Le Pape François envisagerait actuellement une visite au Soudan du Sud, où des milliers de personnes – 100 000 selon l’UE, bien plus selon des associations comme Save the Children – risquent de mourir de faim.
Le souverain pontife a contribué à la restauration des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, s’est rendu en Israël et a accueilli le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas au Vatican. Il s’est également déplacé en Arménie et en Azerbaïdjan, deux pays voisins de l’UE et théoriquement en guerre. Le 6 mai 2016, il s’est vu décerné le prix Charlemagne, distribué aux personnalités qui contribuent à l’unité européenne.