Produits agricoles : Nicolas Sarkozy veut un capitalisme de production
Devant un parterre d’acteurs internationaux du monde agricole, Nicolas Sarkozy a dressé un tableau noir de la situation mondiale tout en se voulant rassurant quant aux changements à venir.
Devant un parterre d’acteurs internationaux du monde agricole, Nicolas Sarkozy a dressé un tableau noir de la situation mondiale tout en se voulant rassurant quant aux changements à venir.
Une semaine avant la tenue du G20 agricole, le Président français a profité du G120 agricole organisé à Paris par des organisations d’agriculteurs français (FNSEA et Jeunes Agriculteurs), jeudi 16 juin 2011, pour développer sa vision de la régulation des marchés agricoles. La France est à la manoeuvre de la négociation en tant que présidente du G20 en 2011.
46 fois la production réelle
« Le blé est passé de 140 euros la tonne en juillet 2010 à près de 280 euros en février 2011, pour retomber à 230 euros aujourd’hui. (…). Cette volatilité des prix est (…) insupportable », a déclaré Nicolas Sarkozy.
Pour lui, il y a lien direct entre ces changements brusques et la spéculation des marchés financiers sur les produits agricoles. « Je n’en prendrai qu’un exemple, celui du marché de Chicago. Pour les matières premières agricoles, il s’y échange chaque année en produits dérivés 46 fois la production annuelle américaine de blé et 24 fois la production de maïs ». Il faut agir tout de suite, sans attendre l’avis des experts puisqu’ils « ne se mettront jamais d’accord ».
Renforcer la FAO
La réunion du G20, qui aura lieu à Paris les 22 et 23 juin, réunira les ministres en charge de l’agriculture. Ils chercheront à trouver une solution pour réguler les prix et, selon les mots du Président français, « rendre du sens à l’économie » qui « doit être faite pour servir le développement et le bonheur des populations ».
En vue d’arriver à un accord, il a tenu à rassurer les autres pays, qui parfois ont une vision plus libérale du marché, en précisant qu’il ne s’agissait pas d’intervenir sur les prix ni de démonter l’économie financière, mais bien de faire en sorte que le processus de formation des prix fonctionne mieux.
Plus de transparence
Nicolas Sarkozy s’est déclaré favorable au renforcement du rôle de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Grâce à une gouvernance mondiale de l’agriculture, « les grands acteurs des marchés pourront se réunir pour donner une réponse commune » lors des tensions ou des crises.
L’autre piste étudiée est de renforcer la transparence du marché, à la fois les acteurs intervenants mais aussi la situation des stocks et des productions à venir, ce qui permettrait aux investisseurs et aux agriculteurs d’avoir une vision à plus long terme.
Produire plus et mieux
Mais la volatilité ne pourra être réduite sans une augmentation de la production. Le président de la République n’a pas hésité à asséner les chiffres. Il a rappelé que l’augmentation à venir de la population nécessiterait un accroissement de 70% de la production, alors que, dans le même temps, 30 millions d’hectares de terres agricoles seraient urbanisées chaque année. Sans oublier le changement climatique, qui pourrait menacer 50% des récoltes mondiales. Le défi prend alors toute son ampleur.
Pour inverser la tendance, Nicolas Sarkozy a souligné le rôle capital de l’aide publique au développement, mais aussi du secteur privé, qui doit être incité à investir et à innover. « Tous les secteurs doivent être mobilisés, comme la recherche sur les semences, la fertilisation et la protection des cultures ».
Les conclusions du G20 agricole devront être confirmées lors du dernier sommet de la présidence française, prévu les 2 et 3 novembre prochains à Cannes.