Qatargate : nouvelles perquisitions au Parlement européen
De nouvelles perquisitions ont eu lieu au Parlement européen à Bruxelles ce mardi (6 juin) dans le cadre de l’enquête sur le Qatargate, le scandale de corruption présumée qui implique plusieurs députés européens.
De nouvelles perquisitions ont eu lieu au Parlement européen à Bruxelles ce mardi (6 juin) dans le cadre de l’enquête sur le Qatargate, le scandale de corruption présumée qui implique plusieurs députés européens.
Le parquet fédéral belge a annoncé mardi qu’il avait perquisitionné plusieurs bureaux dans le bâtiment du Parlement européen, sans toutefois préciser lesquels.
Selon l’agence de presse Belga, des sources ont indiqué que les bureaux de Marc Tarabella faisaient partie de ceux qui ont été perquisitionnés.
Accusé par l’ancien député européen Pier-Antonio Panzeri, le cerveau présumé du système de corruption qui a signé un accord de repenti avec la justice belge, d’avoir reçu de l’argent en échange d’un changement de discours sur le Qatar, M. Tarabella a été inculpé de corruption publique, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle.
Il a été libéré sous conditions il y a un mois, mais reste toutefois inculpé.
Les bureaux d’Andrea Cozzolino auraient également été perquisitionnés, selon la RTBF. M. Cozzolino, l’eurodéputé qui a vu son immunité levée et qui a été exclu du groupe des Socialistes et démocrates (S&D) en même temps que M. Tarabella. L’homme est accusé d’avoir reçu de l’argent pour défendre les intérêts du Maroc.
Parmi les autres noms liés au scandale, Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement, incarcérée et récemment libérée sous conditions. Comme son collègue belge, elle a exprimé sa volonté de recommencer à travailler en tant qu’eurodéputée.
Dans un entretien accordé au journal français Libération et au quotidien espagnol El Mundo, Eva Kaili a parlé d’une autre députée belge dont le nom a été cité dans l’affaire mais qui a été blanchie dès l’éclatement du scandale : Marie Arena (S&D).
En effet, M. Panzeri a déclaré dès le début de l’enquête que Mme Arena n’avait « absolument rien à voir avec [le système de corruption] et qu’il n’aurait jamais osé lui offrir quoi que ce soit ».
Mme Kaili a expliqué que M. Panzeri n’a donné des noms aux enquêteurs que pour protéger sa femme, sa fille et Arena.
Selon Libération, le nom de Mme Arena a été cité à plusieurs reprises dans les conversations auxquelles les services secrets et la justice belge ont eu accès, et elle est mentionnée dans une note des services secrets datant de juillet 2022 qui a servi de base à l’accusation du juge d’instruction Michel Claise.
Cependant, « curieusement, Arena avec laquelle Panzeri a voyagé au Qatar ou au Maroc ne sera jamais inquiétée », a déclaré Eva Kaili.
Contactée par le média belge Sudinfo, elle a déclaré n’avoir rien à voir avec l’affaire et a souligné que la justice faisait « son travail correctement ».
Pier-Antonio Panzeri, Eva Kaili, son compagnon Francesco Giorgi, son père, le lobbyiste italien Nicolo Figa-Talamanca, et le syndicaliste Luca Visentini ont tous été arrêtés le 9 décembre 2022. M. Visentini et le père de Mme Kaili ont été libérés après avoir été entendus, mais M. Giorgi, Mme Kaili, M. Panzeri et M. Figa-Talamanca ont été placés en détention préventive. Le 11 février, c’était au tour de l’eurodéputé belge Marc Tarabella d’être arrêté puis placé en détention préventive.
M. Figa-Talamanca a été libéré par le juge d’instruction en février, tandis que les quatre autres suspects ont tous été placés sous surveillance électronique. Me Claise a ensuite décidé de libérer Francesco Giorgi, Marc Tarabella et Eva Kaili sous conditions.
Andrea Cozzolino, quant à lui, est en attente d’extradition vers la Belgique depuis l’Italie, où il est assigné à résidence.
Dans une interview avec Le Soir publiée mardi, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw a déclaré que quinze enquêteurs travaillaient sur ce dossier. Il a également évoqué une possible clôture de l’enquête d’ici la fin de l’année.