Quatre des huit groupes politiques au Parlement menacent de bloquer les négociations sur le budget de l'UE
Les eurodéputés ont adressé une lettre à Ursula von der Leyen et menacent de bloquer les négociations si des changements ne sont pas apportés d'ici le 12 novembre.
Quatre des huit groupes politiques du Parlement européen, soutiens de la présidente de la Commission européenne, ont menacé jeudi de bloquer les négociations sur le prochain budget de l’UE, d’un montant de 2 000 milliards d’euros, à moins que sept modifications majeures ne soient apportées à la proposition initiale.
La Commission a présenté en juillet son projet de révision du budget septennal de l’Union européenne pour la période 2028-2034. La proposition prévoit la fusion des subventions régionales et agricoles dans des plans nationaux centralisés pour un montant de 865 milliards d’euros, au grand dam des régions, des agriculteurs, des ministres européens de l’agriculture et des eurodéputés.
En guise de protestation, les députés européens menacent de bloquer les négociations si des changements ne sont pas apportés d’ici le 12 novembre, date à laquelle ils débattront de la proposition lors d’une session plénière à Bruxelles. En l’état actuel, le Parlement européen ne peut pas accepter la proposition actuelle comme base de négociations, peut-on lire dans une lettre envoyée à Ursula von der Leyen et obtenue par Euractiv.
La lettre, signée par les dirigeants du Parti populaire européen (PPE) affiliée à Ursula von der Leyen, les socialistes et démocrates, les libéraux de Renew Europe et les Verts/ALE, ainsi que par les principaux négociateurs du budget du Parlement, mentionne sept demandes d’amendements aux plans nationaux proposés.
« Nous attendons donc avec impatience de voir nos principales demandes reflétées de manière significative dans une proposition amendée de la Commission européenne, ce qui permettrait aux négociations avec le Parlement européen d’avancer », ont-ils plaidé.
Le co-négociateur principal du Parlement, Siegfried Mureșan , a déclaré à Euractiv lundi que les parties s’étaient mises d’accord sur des demandes communes, ajoutant que la Commission était prête « au niveau technique » à réviser le projet de budget.
Dans la lettre de jeudi, les eurodéputés alertent sur le fait que de grandes quantités de fonds non alloués pourraient conduire à la fragmentation, à la désolidarisation et au financement de 27 plans nationaux disparates.
Ils souhaitent également maintenir le rôle des régions et des autorités locales dans la supervision des subventions régionales, qui seraient transférées aux gouvernements nationaux dans le cadre du nouveau plan.
En outre, les eurodéputés mettent en garde contre un « déficit démocratique » si les subventions régionales devaient dépendre de la capacité des gouvernements nationaux à mettre en œuvre les réformes approuvées par Bruxelles — ce que l’on appelle le « modèle de la réforme pour l’argent ».
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Les quatre formations politiques demandent à ce que la politique agricole commune (PAC), qui garantit des conditions de concurrence équitables aux agriculteurs de l’UE, reste distincte, et ils souhaitent également que le Parlement joue un rôle plus important dans l’approbation et la révision des plans de dépenses des États membres de l’UE. Ces plans doivent être négociés entre les capitales nationales et l’exécutif européen, conformément à la proposition actuelle de la Commission.
Les négociations budgétaires n’en sont qu’à leurs débuts et les États membres évaluent actuellement la proposition de la Commission avant de présenter à leur tour leurs propres amendements en 2026. Le Parlement a le pouvoir de rejeter la version finale du budget, qui devrait être prête au début de l’année 2027.