Réforme des retraites : les partis d'opposition, en colère, veulent continuer la mobilisation

Les partis de droite et de gauche, tout comme l’intersyndicale, ont exprimé tout au long du week-end leur « détermination » à continuer la mobilisation contre la réforme des retraites, dont le texte, validé par le Conseil Constitutionnel vendredi, a été promulgué dans la foulée.

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Demonstration against pension reform in France
Depuis la validation des points essentiels de la réforme des retraites par le Conseil constitutionnel vendredi, y compris le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, la colère au sein des forces d’opposition est palpable. [TERESA SUAREZ/EPA-EFE]

Les partis de droite et de gauche, tout comme l’intersyndicale, ont exprimé tout au long du week-end leur « détermination » à continuer la mobilisation contre la réforme des retraites, dont le texte, validé par le Conseil Constitutionnel vendredi (14 avril), a été promulgué dans la foulée.

Depuis la validation des points essentiels de la réforme des retraites par le Conseil constitutionnel vendredi, y compris le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, la colère au sein des forces d’opposition est palpable.

« Pas une seule étape d’un chemin démocratique normal n’a été respectée », expliquait le député La France insoumise (LFI) Manuel Bompard dans les colonnes du Journal du Dimanche du 16 avril.

Une critique non-voilée de la décision des neuf « Sages » du Conseil de valider l’utilisation combinée de différentes procédures de la Constitution pour accélérer les débats au Parlement, et notamment l’usage d’un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour faire passer la réforme.

Bien qu’« inhabituel », la combination de ces dispositions constitutionnelles « n’avait pas porté d’atteinte substantielle aux exigences de clarté et de sincérité du débat parlementaire », selon la décision.

Nouvelle motion de censure

Une conclusion qui n’est pas au goût de la LFI et ses alliés de la NUPES, qui s’apprêtent à annoncer le dépôt d’une nouvelle motion de censure. « Le gouvernement savait que certaines dispositions [comme « l’index seniors » et le « CDI seniors »] seraient retoquées par le Conseil constitutionnel. Ils ont donc menti à la représentation nationale », analysait la député « insoumise » Clémentine Autain sur Franceinfo dimanche.

Elle déplore aussi la censure par le Conseil d’une proposition de loi visant à bloquer l’âge de départ à la retraite à 62 ans. Selon les « Sages », l’âge de départ était déjà à 62 ans dans le Code de la Sécurité Sociale, de telle manière que la proposition de loi « n’emporte pas de changement de l’état de droit ».

Même son de cloche chez les autres partis membres de la NUPES. La promulgation si rapide de la loi fait état d’une certaine « fébrilité » de la part du président Emmanuel Macron, selon le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, qui s’exprimait sur France inter samedi (15 avril).

La secrétaire nationale d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV) parle quant à elle d’une « nouvelle fanfaronnade ».

De fait, tous s’accordent pour dire que la décision du Conseil constitutionnel ne marque pas la fin de la mobilisation sociale, et que rien d’autre qu’un retrait complet de la loi ne pourrait être toléré.

Marine Le Pen : M. Macron et la gauche, tous « responsables »

A l’extrême droite, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen renvoie dos à dos le président Emmanuel Macron et les partis de gauche, tous responsables du « conflit » social.

« Il y a trois solutions pour sortir du conflit qu’Emmanuel Macron a lui-même engendré : le référendum sur la réforme des retraites, la dissolution de l’Assemblée ou la démission du président de la République », affirmait-t-elle sur LCI.

Un tel « chaos » n’est « pas viable pour la démocratie », a-t-elle ajoutée.

Enfin, la division chez Les Républicains sur l’approche à suivre reste béante. Tandis que son président Eric Ciotti appelait dès vendredi à faire appliquer la loi, d’autres personnalités comme Xavier Bertrand déplorent un réforme des retraites « injuste » qui ne fait « que des perdants ».

« Logique d’apaisement »

Le gouvernement réfléchit depuis plusieurs semaines à la prochaine « séquence » du quinquennat, alors que la décision de vendredi marque « la fin [du] processus démocratique » de la réforme, dans les mots de la Première ministre Elisabeth Borne.

Ce nouveau souffle pourrait prendre la forme d’un nouvelle loi « Travail », afin de renouer le fil du dialogue social et viser le plein-emploi.

Olivier Dussopt, ministre du Travail, s’est d’ores et déjà porté volontaire pour « construire, avec les partenaires sociaux, des solutions pour donner davantage de sens au travail, améliorer les conditions de travail et atteindre le plein emploi ».

M. Macron s’exprimera lundi (17 avril) « dans une logique d’apaisement ». Son invitation à recevoir les syndicats à l’Elysée a été rejetée unanimement par l’intersyndicale, qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 1er mai.