Sécurité énergétique : pour la commissaire à l’Énergie, la bataille est gagnée, mais pas la guerre

Selon la commissaire européenne à l’Énergie Kadri Simson, l’UE a réussi à passer l’hiver malgré les tentatives de la Russie de perturber son approvisionnement en gaz, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour assurer la sécurité énergétique à l’avenir.

Euractiv.com
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« À bien des égards, l’Europe est aujourd’hui plus sûre sur le plan énergétique, moins dépendante [de la] Russie et plus forte qu’il y a un an », a déclaré Kadri Simson lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des ministres de l’Énergie et des Transports. [<a href="https://newsroom.consilium.europa.eu/permalink/p157996" target="_blank" rel="noopener">Union européenne</a>]

Selon la commissaire européenne à l’Énergie Kadri Simson, l’UE a réussi à passer l’hiver malgré les tentatives de la Russie de perturber son approvisionnement en gaz, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour assurer la sécurité énergétique à l’avenir.

« À bien des égards, l’Europe est aujourd’hui plus sûre sur le plan énergétique, moins dépendante [de la] Russie et plus forte qu’il y a un an », a déclaré Kadri Simson lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des ministres de l’Énergie et des Transports de l’UE lundi (27 février).

Elle avertit toutefois que, même si l’Europe a « remporté la première bataille », « un long combat » l’attend encore.

Pour renforcer sa position, l’UE doit s’efforcer de diversifier son approvisionnement énergétique, de déployer davantage d’énergies renouvelables, de réduire la demande d’énergie et de s’assurer qu’elle dispose de suffisamment de gaz pour passer l’hiver prochain, explique la commissaire européenne.

Lundi, lors de la réunion des ministres de l’Énergie et des Transports, les discussions ont porté sur les moyens de protéger le marché européen de l’énergie et de garantir l’approvisionnement de l’Europe pour l’hiver prochain et au-delà, ainsi que sur la mise en place d’un système de transport compétitif et écologique.

L’UE a survécu à la crise énergétique de 2022

Avant l’invasion de l’Ukraine, la Russie était le principal fournisseur de gaz de l’UE. En 2021, elle fournissait 45 % des importations et près de 40 % de la consommation totale de l’Union.

Toutefois, des problèmes sont survenus lorsque les réservoirs de Gazprom n’ont pas été remplis comme prévu en 2021 et que, l’année suivante, la Russie a progressivement fermé les robinets de gaz. Aujourd’hui, le gaz russe représente  moins de 10 % des importations de l’UE.

Ces deux facteurs ont perturbé le marché européen de l’énergie, faisant grimper les prix et suscitant des inquiétudes quant à la disponibilité du gaz en Europe pour passer un hiver sans encombre. Toutefois, l’Union européenne est parvenue à surmonter les mois les plus froids sans perturbations majeures et en disposant d’importantes quantités de gaz encore en stock.

« Aujourd’hui, nous pouvons dire que le chantage énergétique de la Russie a échoué », a annoncé Mme Simson, ajoutant que l’Europe devrait clôturer la saison de chauffage (du 1er octobre au 31 mars) avec des stocks remplis à plus de 50 %, soit environ le double de l’année dernière.

Elle a souligné la nécessité de ne pas se relâcher les efforts ainsi que la nécessité de développer les énergies renouvelables et de poursuivre les travaux avec les partenaires internationaux afin de garantir l’approvisionnement en gaz pour cette année.

Ebba Busch, ministre de l’Énergie de Suède — pays qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE — a elle aussi indiqué que l’Europe avait encore du pain sur la planche.

« Il est clair que l’Europe a fait d’énormes progrès en matière de gestion des approvisionnements en gaz depuis le début de la guerre. Mais une chose est claire : ce n’est pas encore fini et l’hiver prochain amènera de nouveaux enjeux », a souligné Mme Busch.

« L’approvisionnement doit être sécurisé dès que possible pour éviter des prix excessifs du gaz et de l’électricité et, pire, une pénurie de gaz », a-t-elle ajouté.

La recherche de fournisseurs alternatifs a été l’un des moyens par lesquels l’Europe a réussi à pallier les pénuries de l’année dernière, notamment grâce aux exportations américaines de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’UE, qui ont presque doublé.

Parallèlement, les énergies renouvelables ont joué un rôle clé pour remplacer le gaz russe, avec près de 50 gigawatts de nouvelles capacités, principalement solaires et éoliennes, installées l’année dernière.

Nouvel objectif de réduction de la demande

Une autre mesure qui a contribué à protéger l’Europe a été la réduction de la demande de gaz. En 2022, face à un hiver incertain et à des approvisionnements limités, les États membres ont convenu d’un objectif volontaire de réduction de la demande de gaz de 15 %.

L’UE a ensuite dépassé cet objectif, atteignant une réduction de près de 19 %, a déclaré Mme Simson.

« Poursuivre la réduction de la demande est une option que nous ne regrettons pas. C’est essentiel pour assurer notre préparation à l’hiver prochain et pour atteindre l’objectif de 90 % de stockage d’ici le 1er novembre », a-t-elle ajouté.

L’objectif de réduction de la demande qui a permis de réaliser des économies devrait expirer en mars, mais l’UE étudie la possibilité de le prolonger.

Selon Mme Simson, les ministres européens s’accordent à dire que les marchés du GNL resteront « très tendus », car la Russie continue de mettre sur le marché des volumes de gaz moins importants et la Chine sort de la période de confinement due à la pandémie de Covid-19.

En ce qui concerne l’objectif de réduction de la demande, la Commission européenne verra « s’il y a une volonté » de prolonger la mesure temporaire et déterminera ensuite quand cela pourrait être proposé pour adoption aux États membres de l’UE, a-t-elle déclaré.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]