"Super Mario" s’entoure de techniciens pour redresser l’Italie
Le nouveau président du Conseil italien a chargé une équipe de seize technocrates de remettre l’Italie sur le chemin de la croissance et de la discipline budgétaire. Première étape : un nouveau plan d’austérité.
Le nouveau président du Conseil italien a chargé une équipe de seize technocrates de remettre l’Italie sur le chemin de la croissance et de la discipline budgétaire. Première étape : un nouveau plan d’austérité.
Pour qu’une équipe de technocrates se retrouve à la tête de l’Italie, c’est bien que les choses vont mal.
La nomination de Mario Monti a été accueillie avec un grand « ouf » de soulagement par les dirigeants européens. Nicolas Sarkozy a salué l’arrivée d’« Il Professore », également qualifié d’« homme de la situation » par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Mais cela n’a pas empêché les taux d’intérêt italiens à dix ans de repasser au-dessus de la barre des 7%, mercredi 16 novembre.
Le nouveau président du Conseil a prêté serment, mercredi après-midi au Quirinal, la résidence du chef de l’État, après avoir dévoilé la composition de son gouvernement : une équipe de seize techniciens, dont trois femmes, à l’Emploi, à la Justice et aux Affaires intérieures, chargée de remettre l’Italie sur le droit chemin.
Un ministère pour la croissance
Le successeur de Berlusconi s’est réservé le portefeuille-clé de l’Économie et a nommé Corrado Passera, le PDG de la banque Intesa Sanpaolo, au poste de ministre du Développement économique, des Infrastructures et des Transports. Un « super ministère » spécialement dédié à la croissance économique, car le nouveau chef du gouvernement estime qu’il faut à tout prix éviter que l’Italie ne plonge à nouveau dans la récession.
Au ministère de l’Emploi et des Politiques sociales, l’économiste et spécialiste des questions de retraites Elsa Fornero, 63 ans, aura sans doute fort à faire puisque Monti pourrait annoncer une réforme du système actuel, qui permet à de nombreux Italiens de toucher une pension avant l’âge légal de départ fixé à 65 ans.
En évinçant toute personnalité politique, Mario Monti espère agir plus vite. « Je suis parvenu à la conclusion que l’absence de responsables politiques faciliterait la vie à l’exécutif et enlèverait des motifs d’embarras » aux différents partis, a-t-il déclaré. Car la crédibilité de son pays est en jeu et les marchés n’attendent pas.
Nouveau plan d’austérité
En tant qu’économiste aguerri, Mario Monti l’a bien compris. Il présentera, jeudi 17 novembre à midi, lors d’un discours au Sénat, ses nouvelles mesures d’austérité censées répondre aux réformes exigées par l’Union européenne.
Rien n’a filtré sur le programme gouvernemental, mais le nouveau président du Conseil pourrait annoncer un assouplissement du marché du travail, à travers des règles moins favorables aux salariés, et décider de mettre en place la taxe foncière sur les résidences principales que son prédécesseur a toujours rechigné à instaurer.
Mario Monti devrait obtenir la confiance des deux chambres du parlement sans difficulté, jeudi et vendredi, l’ensemble des partis de la Péninsule, à l’exception de la Ligue du Nord, ayant promis de lui accorder leur soutien.