Télécoms : les grands opérateurs de l'UE misent sur la transition écologique pour attirer des investisseurs

Les plus grands opérateurs de télécommunications de l’Union européenne incluent la durabilité dans leur appel à plus d’investissements dans leur industrie, selon un agenda politique publié par le lobby Connect Europe mercredi 25 septembre.

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« Le secteur de la connectivité a un potentiel d’habilitation », soutient Alessandro Gropelli, illustrant le fait qu’une usine utilisant des capteurs 5G peut minimiser son gaspillage d’énergie en arrêtant automatiquement les machines ou en ajustant ses processus de production afin de réduire le gaspillage de matériaux. [Masmikha / Shutterstock]

Selon une publication du lobby Connect Europe, diffusée mercredi 25 septembre, les grands opérateurs de télécommunications de l’Union européenne (UE) veulent décarboner le secteur pour attirer de nouveaux investisseurs. 

Pour Connect Europe, il est primordial que la Commission européenne inclue les réseaux de télécommunications, tels que la 5G et la fibre, dans sa liste des industries « durables », afin de les rendre plus attrayants pour les investisseurs. Ces derniers seraient ainsi assurés de se conformer aux exigences réglementaires à venir.

Les opérateurs télécom cherchent depuis longtemps à attirer des investisseurs, expliquant que leurs retours sur investissement sont inférieurs à ceux des États-Unis et de la Chine. C’est toutefois la première fois qu’ils incluent officiellement des objectifs environnementaux dans leur programme de développement.

« La Commission n’a toujours pas de plan sectoriel complet pour décarboner l’écosystème de la connectivité », explique Alessandro Gropelli, directeur général de Connect Europe à Euractiv. Connect Europe appelle donc les institutions européennes à soutenir les transitions écologique et numérique de l’Union, en encourageant le déploiement d’infrastructures de nouvelle génération.

Le lobby suggère ainsi que les télécommunications soient incluses dans la prochaine révision de l’acte délégué complémentaire relatif aux objectifs climatiques, qui met en œuvre la réglement sur la taxonomie de l’UE, spécifiant quelles activités économiques sont considérées comme cruciales pour la transition écologique.

L’inclusion du secteur des télécommunications dans la taxonomie de l’UE permettrait aux opérateurs de bénéficier d’un meilleur accès aux investissements privés. Les activités relevant de la taxonomie de l’UE intéressent fortement les investisseurs, car elles réduisent leur exposition aux exigences réglementaires et à des pénalités futures, leur donne un meilleur accès aux incitations publiques et les aligne sur les objectifs de durabilité, réduisant ainsi le risque de greenwashing.

Les opérateurs télécom demandent ainsi un meilleur accès aux investissements, arguant que la concurrence artificiellement induite par le code des communications électroniques européen (EECC) entrave la capacité de l’industrie à atteindre un retour sur investissement comparable à celui de ses concurrents chinois et américains.

« Le secteur de la connectivité a un potentiel d’habilitation », soutient Alessandro Gropelli, illustrant le fait qu’une usine utilisant des capteurs 5G peut minimiser son gaspillage d’énergie en arrêtant automatiquement les machines ou en ajustant ses processus de production afin de réduire le gaspillage de matériaux.

Pour le directeur général désigné de Connect Europe, « la taxonomie de l’UE enverrait un signal clair au marché selon lequel [le secteur des télécommunications] peut aider les entreprises à réduire leurs émissions ».

Des émissions indirectes

Le document indique qu’« environ 80 % des émissions » des télécommunications sont dues à des activités indirectes et donc à des émissions entrainées par l’achat de matériel, comme des routeurs et des antennes, où aux émissions liées à la fabrication, à l’utilisation et à l’élimination des appareils des clients.

Selon une étude de l’Autorité française de régulation des communications électroniques (Arcep) de mars 2023, 80 % de l’empreinte carbone du secteur numérique est due à la fabrication des appareils.

Ce chiffre de 80 % a également été mentionné dans une étude commandée par Connect Europe en janvier, qui recommande que « les opérateurs usent de leur influence pour promouvoir des méthodes de fabrication plus respectueuses de l’environnement et plus efficaces sur le plan énergétique ».

Autres priorités

Connect Europe a réitéré ses arguments précédents, tels que la déréglementation du marché des télécommunications, l’égalisation des conditions réglementaires avec les grandes entreprises technologiques, l’harmonisation de la gestion du spectre et la simplification des obligations de déclaration.

Le programme politique de Connect Europe sera envoyé aux nouveaux commissaires européens, aux eurodéputés et aux représentations permanentes des États membres.

[Édité par Anna Martino]