Thon rouge : mécontentement général
Les pêcheurs de l’Atlantique pourront capturer 12900 tonnes de ce précieux poisson en 2011. Une décision qui mécontente à la fois les écologistes, les pêcheurs et les politiques.
Les pêcheurs de l’Atlantique pourront capturer 12900 tonnes de ce précieux poisson en 2011. Une décision qui mécontente à la fois les écologistes, les pêcheurs et les politiques.
Le quota de thon rouge ne bougera quasiment pas en 2011. Après dix jours de négociations, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta) a annoncé, samedi 27 novembre, que le thon rouge pêché dans l’Atlantique ne devra pas dépasser 12 900 tonnes. Soit 600 tonnes de moins qu’en 2010.
Ce quota est proche des objectifs de Paris, qui défendait le maintien du quota d’une année sur l’autre. La commissaire à la Pêche Maria Damanaki avait proposé une réduction importante, autour de 6000 tonnes. Mais cette proposition avait été retoquée par les États membres.
En revanche, la Cicta a repoussé la demande du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, d’étaler le remboursement de la dette des pêcheurs français. En 2007, ils avaient largement dépassé la limite autorisée par les instances internationales. Résultat, en 2011, ils seront contraints de pêcher 1500 tonnes de moins que le quota qui leur est alloué. Ils devront donc se partager 1000 tonnes, au lieu des 2500 normalement attribués au pays.
En France, tous les acteurs sont unanimes sur un seul point : cette décision n’est pas la bonne. Alors que les écologistes dénoncent la «victoire de la pêche industrielle», le comité national des pêches affirme que cette décision va entraîner «la fin de la filière professionnelle».
«La Commission européenne sanctionne les pêcheries françaises», regrette pour sa part le vice-président (UMP – PPE) de la commission Pêche au Parlement européen, le Français Alain Cadec. « Le résultat de cette intransigeance, qui s’apparente à un règlement de comptes, est socialement et économiquement dramatique pour la pêche du thon en France, dans la mesure où il condamne à l’inactivité pendant au moins deux ans une pêcherie aujourd’hui responsable et particulièrement contrôlée », affirme l’élu breton dans un communiqué.
Le PS déplore quant à lui une décision qui «n’assure pas la sauvegarde de l’espèce».