Transport maritime : l’UE prête à renégocier l’accord sur la neutralité carbone après le blocage américain à l’OMI
La Commission européenne a fait savoir qu’elle était disposée à renégocier l’accord mondial sur la neutralité carbone dans le transport maritime après le blocage des États-Unis à l’Organisation maritime internationale (OMI) la semaine dernière.
L’accord, conclu en avril, visait à réduire les émissions de CO₂ des navires et à éliminer les plus polluants d’ici le milieu des années 2030. Il a toutefois été bloqué par les États-Unis et l’Arabie saoudite, qui ont imposé un gel d’un an avant de rejeter définitivement le texte. Washington a même menacé de sanctions les pays favorables à l’accord, estimant qu’il avantageait la Chine.
Tous les États membres de l’UE, sauf la Grèce et Chypre, ont soutenu l’accord. Mais leur dissidence a brisé l’unité du bloc européen. L’avenir de l’accord, qui vise à retirer les navires les plus polluants des mers d’ici la mi-2030, est désormais incertain.
Un porte-parole de la Commission a confié à Euractiv que l’UE était prête à « établir des ponts avec toutes les autres parties », tout en reconnaissant qu’un nouveau mandat du Conseil « pourrait s’avérer nécessaire » pour poursuivre les discussions.
Les décisions en matière de transport maritime nécessitant l’unanimité, la résistance d’Athènes menace de faire dérailler la coordination future sur ce dossier. « Il y aura le temps d’apporter des modifications et de trouver un terrain d’entente », assurait un diplomate européen en début de semaine.
Les tensions ont éclaté mardi 21 octobre, lorsque la Grèce a pris en « otage » l’adoption d’un mandat européen pour la COP30 afin de supprimer les références à l’OMI.
« La Commission examine la position adoptée par certains États membres de l’UE lors du vote de la semaine dernière », a ajouté le porte-parole.
Selon une source européenne, le fait de s’écarter de la position de vote préétablie par le bloc n’était peut-être pas illégal, mais constituait un « désastre politique ».
On ne sait toujours pas si la Commission avait donné des instructions explicites concernant la proposition américaine.