Un rapport épingle la politique française sur le climat
Les actions mises en place par l’État français pour lutter contre le changement climatique sont jugées insuffisantes par le dernier rapport des ONG WWF et Ecofys.
Les actions mises en place par l’État français pour lutter contre le changement climatique sont jugées insuffisantes par le dernier rapport des ONG WWF et Ecofys.
Un « E »! C’est la note attribuée à la France par les ONG WWF et Ecofys dans leur étude sur les politiques climatiques européennes. Publié en octobre, ce rapport propose une évaluation des actions menées contre le réchauffement climatique dans chaque État membre.
D’après les résultats, les mesures prises par le gouvernement français « ne sont pas suffisamment ambitieuses pour positionner la France en tant qu’économie sobre en carbone ».
L’industrie française est le secteur le plus critiqué. Le rapport juge « très limitées » les activités menées par le gouvernement français. Le plan de recherche sur l’utilisation d’énergies renouvelables dans le secteur industriel n’est que de 400 millions d’euros pour une courte période (2009-2012). Quant à l’efficacité énergétique, elle est « presque négligée », affirme le rapport. Le gouvernement n’a passé que des accords non contraignants et seulement avec des industries volontaires.
Même constat pour l’agriculture qui, selon les ONG, ne bénéficie pas de politiques ambitieuses.
Bâtiments et énergie : peut mieux faire
Le secteur du bâtiment s’en sort un peu mieux. Des mesures financières ont été prises pour faciliter la rénovation du parc existant. Mais elles sont insuffisantes pour assurer un taux élevé de rénovation, note le rapport. Dans le même esprit, le certificat blanc établissant de nouvelles normes de constructions a été adopté. « Ces mesures sont intéressantes mais elles ne sont pas assez contraignantes », précise l’étude.
Le système de soutien pour le développement des énergies renouvelables (ENR), est lui aussi jugé plutôt efficace par l’étude. Cependant les deux organisations déplorent la récente baisse des tarifs de rachat de l’électricité pour ces énergies. Elles dénoncent également l’augmentation des contraintes dans l’utilisation des éoliennes dans la loi Grenelle 2.
Au-delà de ces analyses très ciblées, l’étude souligne avec insistance l’absence de stratégies sur le long terme. Le « plan climat« , publié cette année par la France, ne s’étend que jusqu’en 2020, ce qui est clairement « du court terme » annonce le texte. Certains programmes s’arrêtent même avant, à l’image du programme national français ou du plan de développement des biocarburants, qui prennent fin en 2015.
Bonus pour les transports et les forêts
Mais tout n’est pas totalement noir dans l’évaluation des politiques françaises. Elle reçoit la meilleure note, C contre F pour la moyenne européenne, pour le secteur des transports. Ce résultat, notamment lié au système de bonus/malus instauré pour l’achat de nouvelles voitures, a permis à la France de réduire ses émissions de GES. Le rapport souligne aussi la justesse des programmes de préservation des forêts françaises qui proposent une gestion durable de l’ensemble des domaines, publics et privés.
La France n’est pas la seule à se faire reprendre par les deux ONG. Le rapport dresse un bilan globalement critique de la situation européenne. Selon le texte, seul un tiers des mesures nécessaires à la réduction des gaz à effet de serre (GES) a été mise en place par les États membres.
Le rapport compte ainsi sur la volonté des pays et de l’exécutif européen pour renforcer les politiques climatiques de l’UE. Signe d’encouragement pour les ONG, le Parlement européen a adopté, le 25 novembre, une résolution qui fait de l’efficacité énergétique une priorité de la stratégie énergétique de l’UE pour 2011-2020.
L’étude dresse par ailleurs une liste des bonnes expériences menées dans chaque États membres. Si les pays suivent « l’exemple du meilleur résultat pour chaque secteur, ils pourront atteindre les deux tiers des efforts nécessaires », précise le texte.