Věra Jourová exhortée à agir en faveur de la liberté des médias en Italie
Le Mouvement européen international (MEI) a envoyé une nouvelle lettre à la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, ainsi qu’à plusieurs autres organisations européennes et de journalistes, demandant une enquête sur l’état de la liberté de la presse en Italie.
Le Mouvement européen international (MEI) a envoyé une nouvelle lettre à la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, ainsi qu’à plusieurs autres organisations européennes et de journalistes, demandant une enquête sur l’état de la liberté de la presse en Italie, a appris Euractiv.
Les raisons de leur inquiétude comprennent une détérioration de la liberté de la presse et la décision « inquiétante » de la Commission européenne de retarder la publication du rapport annuel sur l’État de droit.
Pour faire part de leur inquiétude, le MEI, ainsi que la Fédération nationale de la presse italienne (FNSI), la Fédération européenne des journalistes (FEJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ont envoyé vendredi (12 juillet) une lettre déclarant que « la situation à laquelle sont confrontés les journalistes et les médias en Italie s’est aggravée » depuis qu’ils ont demandé à la Commission européenne d’agir.
Le 22 mai, en effet, le groupe d’associations avait déjà demandé à la Commission d’ouvrir une enquête sur la liberté de la presse en Italie, citant des pressions significatives sur l’indépendance des médias sous le gouvernement de la Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni, en particulier une influence indue sur le radiodiffuseur national RAI.
Après des mois de silence, la commissaire aux Valeurs et à la Transparence Vera Jourová a répondu la veille de l’envoi de la nouvelle lettre par de vagues déclarations réitérant les conclusions du dernier rapport sur l’État de droit en Italie, les nouvelles dispositions de la législation sur la liberté des médias (European Media Freedom Act) et la directive sur les poursuites-baîllons (Anti-SLAPP Directive).
« La Commission européenne continuera à surveiller la situation de la liberté de la presse et du pluralisme dans tous les États membres, y compris l’Italie, en particulier dans le cadre de la préparation du rapport annuel sur l’État de droit », a-t-elle affirmé.
Elle n’a cependant pas abordé les questions soulevées dans la lettre initiale, concluant plutôt qu’elle suivrait la situation en Italie comme dans d’autres pays.
« Nous ne devrions pas ignorer le programme national de [Giorgia] Meloni, qui contient à la fois des attaques contre les droits des migrants, des familles LGBTQIA+ et des minorités et une sévère répression de la liberté de la presse », a déclaré à Euractiv le secrétaire général du MEI, Petros Fassoulas, à qui la réponse de Vera Jourová était adressée.
« Tous ces éléments portent la marque d’un gouvernement d’extrême droite et, malgré les efforts pour normaliser [Giorgia] Meloni, nous ne devrions pas oublier ce qu’elle et le parti qu’elle dirige représentent » — un message clairement exprimé dans la lettre envoyée vendredi, qui déclare que « l’ingérence du gouvernement envers la RAI n’a cessé d’augmenter, sapant encore plus son indépendance ».
La lettre cite également l’arrêt récent de l’émission « Chesarà… » animée par Serena Bortone, qui avait défié l’intervention de la rédaction pour lire le discours antifasciste d’Antonio Scurati lors de la Journée de la libération de l’Italie, le 25 avril dernier, et la suspension pour six jours de la présentatrice, annoncée la semaine dernière. Les associations dénoncent également les négociations en cours pour le probable rachat de l’Agenzia Giornalistica Italia (AGI), l’une des principales agences de presse italiennes, par le député de la Lega, Antonio Angelucci.
Pour illustrer ce qu’ils considèrent comme le « climat d’intimidation auquel les journalistes sont confrontés en Italie », ils mentionnent également « l’ingérence politique présumée du ministre italien de la Culture, Gennaro Sangiuliano, dans la gestion de la RAI, notamment par le biais de ses relations étroites avec le directeur de la RAI, Paolo Petrecca, qui démontrent la soumission de la RAI à la ligne du gouvernement ».
Ces évolutions interviennent alors que la Commission a retardé la publication du rapport annuel sur l’État de droit, dont le MEI et les autres signataires espéraient qu’il mettrait en lumière les attaques du gouvernement italien contre la liberté de la presse.
« La décision de retarder la publication du rapport jusqu’à ce que le Parlement européen vote pour le président de la Commission européenne est une source supplémentaire d’inquiétude », peut-on lire également la lettre.
« C’est pourquoi nous réitérons notre demande pour l’ouverture d’une enquête sur les tentatives du gouvernement italien de s’emparer des médias et de l’information publique, conformément aux normes de la législation européenne sur la liberté des médias et aux valeurs fondamentales de l’UE consacrées par l’article 2 du traité sur l’Union européenne ».
[Édité par Anna Martino]