Viande artificielle, PAC : durant sa présidence du Conseil, le Danemark veut éviter les sujets qui fâchent

Durant sa présidence du Conseil de l’UE, le Danemark souhaite éviter les sujets qui divisent. Le ministre danois de l’Agriculture, Jacob Jensen, a confié à Euractiv que son pays ne comptait pas s’engager dans les controverses autour de la viande artificielle ou la prochaine Politique agricole commune.

EURACTIV.com
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Le ministre danois de l’Agriculture, Jacob Jensen. [Getty Images/Thierry Monasse]

Alors qu’il s’apprête à prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1er juillet, le Danemark souhaite éviter les sujets qui divisent. Le ministre danois de l’Agriculture, Jacob Jensen, a déclaré dans un entretien à Euractiv que son pays ne comptait pas s’engager dans les controverses autour de la viande artificielle ou les débats budgétaires houleux concernant la Politique agricole commune (PAC) post-2027.

Le Danemark succèdera à la Pologne à la tête du Conseil de l’UE la semaine prochaine, à un moment clé. La Commission européenne doit en effet présenter sa proposition pour la prochaine PAC à la mi-juillet. Contrairement à bon nombre de ses homologues, Jacob Jensen ne cherche pas à influencer la taille ou la structure du futur budget pluriannuel de l’UE, une position qu’il compte maintenir durant son mandat.

Qu’ils restent « frugaux » ou non, les Danois veulent être « pragmatiques » et rester en dehors des débats budgétaires controversés pendant leur présidence du Conseil, en particulier dans le domaine agricole.

« Je ne me préoccupe pas tant du montant que du contenu », a-t-il confié à Euractiv lors du Conseil « Agriculture et pêche » à Luxembourg.

Jacob Jensen a plutôt indiqué vouloir promouvoir certains « objectifs politiques » et voir la PAC « simplifiée » davantage après 2027. « Nous devons faire plus, et nous devons le faire rapidement », a-t-il ajouté.

Le ministre a rejeté les accusations selon lesquelles la Commission réduirait davantage ses ambitions environnementales que les formalités administratives avec ses initiatives de simplification, tout en reconnaissant les préoccupations croissantes concernant les discours sur l’alimentation à Bruxelles et au-delà.

Il a admis que l’UE parle de moins en moins de transition écologique dans le contexte géopolitique actuel. « La priorité est d’abord d’assurer une sécurité alimentaire suffisante », a-t-il indiqué.

Malgré ce constat, il affirme que le Danemark, engagé de longue date sur les questions climatiques, n’acceptera pas de sacrifier les objectifs environnementaux au nom de la productivité. « Nous ne pouvons pas simplement dire “oubliez ça”  », a-t-il averti.

Il a ajouté que les technologies émergentes dans l’agriculture, telles que les nouvelles techniques génomiques, pourraient jouer un rôle clé pour concilier sécurité alimentaire et durabilité environnementale.

La bataille autour des aliments d’origine végétale

La réunion des ministres de l’Agriculture de cette semaine a été marqué par un nouveau débat sur les aliments d’origine végétale dans l’UE, la plupart des ministres appelant à l’interdiction de l’utilisation des appellations traditionnelles de la viande pour les substituts végétariens.

Jacob Jensen s’est abstenu de s’exprimer lors de la discussion. « Je suis pragmatique […] Je voudrais laisser le choix aux agriculteurs et aux consommateurs de produire et d’acheter ce qu’ils veulent », a-t-il simplement dit.

Le Danemark, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de viande porcine, connaît la valeur économique du secteur. Mais le pays entend aussi miser sur le potentiel croissant du marché des protéines végétales.

« [Les agriculteurs] produiront tout ce qui leur rapportera de l’argent », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il aimerait voir la stratégie du Danemark en matière d’aliments d’origine végétale reprise au niveau européen.

Dans ses recommandations alimentaires datant de 2021, le gouvernement danois encourageait les citoyens à réduire leur consommation de viande. Le ministre danois sait que cette mesure était audacieuse et ne s’attend pas à ce que d’autres pays suivent son exemple.

« J’ai un immense respect pour le contexte culturel et historique des États membres, je ne vais donc pas lancer un débat sur ce sujet », a-t-il conclu.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]