Le Brexit, grand absent du discours sur l’état de l’Union ?
Le climat, l’immigration ou la montée du nationalisme devraient occuper une place de choix dans le dernier discours de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union, à l’inverse du Brexit qui se rapproche pourtant à grand pas.
Le climat, l’immigration ou la montée du nationalisme devraient occuper une place de choix dans le dernier discours de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union, à l’inverse du Brexit qui se rapproche pourtant à grand pas.
Il semblerait que le Brexit n’ait pas été « une sujet de discussion » lors des deux jours de séminaires auquel ont participé les commissaires la semaine dernière, en vue du discours de Jean-Claude Juncker au Parlement européen à Strasbourg le 12 septembre.
Les commissaires ont briefé le président de l’exécutif sur les principales inquiétudes de leurs compatriotes dans les États membres et ont partagé leur vision des grands défis auxquels fait face l’UE.
Parmi les sujets mentionnés, le principe de subsidiarité (la distribution des compétences entre Bruxelles et les États membres), le commerce, la migration, le nationalisme, l’énergie et le changement climatique.
Le Brexit n’a toutefois pas été abordé durant les discussions préparatoires alors que le départ du Royaume-Uni de l’UE le 29 mars prochain sera une date clé l’année prochaine et qu’un divorce mal géré aura des conséquences négatives sur l’Union à moyen et long terme.
Des sources européennes ont expliqué que l’UE se concentrera les prochains mois sur le renforcement de l’unité et de la prospérité du bloc, dans le cadre des préparatifs du sommet de Sibiu (Roumanie) l’année prochaine.
Reste à savoir si Jean-Claude Juncker décidera finalement de parler du Brexit dans son discours avant la session plénière du Parlement la semaine prochaine, puisqu’il continue à rassembler les retours des dirigeants européens. « Il est encore à l’écoute », explique un responsable.
Le président de l’exécutif européen a appelé plusieurs chefs d’État et de gouvernement et rendra visite à la chancelière allemande Angela Merkel le 4 septembre.
Comme lors des années précédentes, il rédigera le discours « à la dernière minute », ajoute le responsable.
La Commission devrait proposer plusieurs grandes initiatives durant les sept derniers mois, avant la dissolution du Parlement avec les élections de mai 2019. Certaines ont déjà été annoncées par Jean-Claude Juncker et d’autres ont été réclamées par le Conseil européen.
L’exécutif européen mettra en place de nouvelles règles pour lutter contre la propagande terroriste en ligne, ainsi que pour renforcer l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex).
Le discours de Jean-Claude Juncker et les mesures prises par la Commission auront aussi pour objectif de mobiliser les citoyens européens en vue des élections de mai.
Les responsables européens ont pris l’exemple de la proposition d’abandonner le changement d’heures. Même si c’est une question qui divise, cela montre que Bruxelles ne veut pas absolument tout règlementer puisque ce sera aux États membres de décider s’ils veulent adopter l’heure d’été ou l’heure d’hiver.
« C’est un débat qui résonne chez les citoyens… c’est à ça que devrait ressembler le discours sur l’état de l’Union », conclut-il.