Bruno Le Maire inaugure le « Cyber Campus », « fer de lance » de la stratégie française de cybersécurité
Un an après le lancement de la stratégie française en matière de matière de cybersécurité, le « Cyber Campus » a ouvert ses portes mardi (15 février) avec pour ambition de devenir un haut lieu d'innovation pour améliorer la résilience du pays et accélérer l'écosystème français.
Un an après le lancement de la stratégie française en matière de matière de cybersécurité, le « Cyber Campus » a ouvert ses portes mardi (15 février) avec pour ambition de devenir un haut lieu d’innovation pour améliorer la résilience du pays et accélérer l’écosystème français.
Alors que les cyberattaques connaissent une explosion ces dernières années, notamment depuis la crise sanitaire, l’heure est à la coopération en France.
Entreprises privées, organismes publics et services du gouvernement joindront leurs forces au sein d’un nouveau « Cyber Campus », annoncé il y a un an et présenté comme « le fer de lance » de la stratégie française en matière de cybersécurité.
« Le numérique est porteur d’avenir et d’espoir, mais il est aussi porteur de menaces. Face à ces menaces, l’État lève les boucliers, pour protéger ses citoyens, ses entreprises et ses services publics », a déclaré le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, à cette occasion.
L’inauguration du Campus Cyber est une étape majeure dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de cybersécurité décidée par @EmmanuelMacron.
C’est un enjeu vital pour notre souveraineté et une opportunité économique essentielle pour nos entrepreneurs et nos start-ups. pic.twitter.com/2zHQOXPxKv— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) February 15, 2022
Haut de treize étages, le bâtiment, la tour Eria, se trouve dans le quartier d’affaires de La Défense, au nord-ouest de Paris. Il « sera aussi un lieu de concentration, de programmes et de projets partenariaux très opérationnels, notamment sur la dimension de la veille opérationnelle », a précisé l’Élysée aux journalistes, ajoutant qu’il s’agira aussi d’un « lieu de montée en compétence professionnelle » et d’« élaboration des éléments de sensibilisation et de pédagogie du grand public ».
Ces 26 000 mètres carrés accueilleront à la fois de grands groupes comme Orange, Capgemini, Thalès et Atos mais aussi des start-ups de l’écosystème cyber. Plusieurs organismes de formation et de recherche seront également sur place.
Ce « lieu d’excellence » hébergera enfin des membres de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) ainsi que des services du ministère des Armées, du ministère de l’Intérieur, ainsi du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports pour la dimension formation.
De nombreuses autres grandes entreprises, « acheteuses de solutions », comme Sanofi ou la SNCF pour ne citer qu’eux, se sont également associées au site, sans pour autant y siéger.
Des antennes territoriales devraient par la suite voir le jour. La région des Hauts-de-France, des Pays de la Loire et de l’Auvergne-Rhône-Alpes ont manifesté leur intérêt à participer à ce développement territorial, a indiqué l’Élysée.
C’est Michel Van Den Berghe, ancien directeur général d’Orange Cyberdefense, qui sera à la manœuvre de cette société par actions simplifiée (SAS), détenue à 56 % par des actionnaires privées, en grande partie membres du campus.
« La part de l’État et du secteur public est importante [44 %], mais le président de la République a tenu à ce que ce soit un actionnariat majoritairement privé », ont souligné ses conseillers.
Stratégie nationale pour la cybersécurité
Affichée comme une priorité du président Macron, la stratégie nationale pour la cybersécurité a été présentée en février 2021 par Emmanuel Macron.
Le gouvernement annonçait mobiliser 1 milliard d’euros, dont 720 millions de financements publics afin de : tripler le chiffre d’affaires de la filière (passant de 7,3 milliards à 25 milliards d’euros), doubler les emplois de la filière (passant de 37 000 à 75 000) ou encore faire émerger trois licornes françaises en cybersécurité.
« Entre 2017 et 2021, 200 recrutements au sein de l’ANSSI, et cela devrait se poursuivre dans les mois et années qui viennent, compte tenu des enjeux », a tenu à préciser l’Élysée, alors que l’autorité a également bénéficié d’une enveloppe de 136 millions d’euros pour renforcer la cybersécurité de l’État et des territoires sur la période 2021-2022 dans le cadre du plan de relance français.
Le plan d’investissement massif France 2030 mettra par ailleurs sur la table 140 millions d’euros pour répondre aux besoins en formation.
Plus récemment, lors d’un déplacement à Nice début janvier, le chef de l’État a annoncé vouloir recruter 1 500 « cyberpatrouilleurs », pour renforcer les effectifs cyber au sein des forces de l’ordre, ainsi que la mise en place d’un équivalent numérique du numéro d’appel 17 pour signaler les cyberattaques.