Climat : le candidat néerlandais pour remplacer Frans Timmermans largement critiqué pour son manque d’expérience

Les eurodéputés néerlandais et les groupes de défense du climat ont critiqué Wopke Hoekstra, choisi par le gouvernement néerlandais pour remplacer l’ancien commissaire européen au climat Frans Timmermans, en raison de son manque apparent de références en la matière.

Euractiv.com
Pays-Bas
M. Hoekstra a récemment été proposé par le gouvernement néerlandais pour succéder à l’ancien responsable du climat, Frans Timmermans, qui a quitté son poste la semaine dernière pour briguer celui de Premier ministre lors des prochaines élections nationales en novembre. [[EPA-EFE/BART MAAT]]

Les eurodéputés néerlandais et les groupes de défense du climat ont critiqué Wopke Hoekstra (CDA, PPE), choisi par le gouvernement néerlandais pour remplacer l’ancien commissaire européen au climat Frans Timmermans, en raison de son manque apparent de références en la matière.

M. Hoekstra a récemment été proposé par le gouvernement néerlandais pour succéder à l’ancien responsable du climat, Frans Timmermans, qui a quitté son poste la semaine dernière pour briguer celui de Premier ministre lors des prochaines élections nationales en novembre.

« La principale réalisation européenne de M. Hoekstra consiste à avoir violemment insulté les Italiens lors de la crise de la Covid. En outre, il n’est pas vraiment un défenseur du climat. Qu’est-ce qui fait de lui un candidat si approprié  ? » a posté l’eurodéputée Sophie in ’t Veld (Volt) sur X (ex-Twitter).

Mme in ’t Veld a accusé le Premier ministre sortant Mark Rutte (VVD, Renew) d’utiliser l’UE comme une « monnaie d’échange » à des fins de politique nationale, ajoutant que le chef de cabinet de M. Timmermans, Diederik Samsom, membre du Parti travailliste (PvdA, S&D) de M. Timmermans, serait plus judicieux.

« En fin de compte, on en arrive à cette question […] : il y a deux courants en Europe en ce moment, l’un qui veut accélérer la lutte contre la pollution et la pauvreté et sauver la planète, et l’autre qui pense qu’il faut ralentir le rythme pour sauver les choses. Vers lequel [M. Hoekstra] s’oriente-t-il  ? », s’est interrogé le député européen Mohammed Chahim (PvdA, S&D).

La semaine dernière, la nomination de M. Hoekstra s’est attiré les foudres du groupe S&D au Parlement européen, en partie à cause des commentaires qu’il a formulés lorsqu’il était ministre néerlandais des Finances pendant la pandémie. À l’époque, M. Hoekstra avait appelé à une enquête sur les difficultés budgétaires des États membres du sud de l’UE à la lumière de leurs difficultés à faire face aux retombées économiques de la pandémie.

Indignation des groupes de défense du climat

La nomination de M. Hoekstra a également été critiquée par Greenpeace, qui a souligné l’ancien travail de M. Hoekstra pour l’entreprise de combustibles fossiles Shell.

« Qu’est-ce que vous en pensez  ? M. Hoekstra en Europe  ? Pour le climat et la nature  ? Un ancien employé de Shell, qui a accordé des milliards [d’euros] de soutien à [la compagnie aérienne néerlandaise] KLM sans condition durable, qui a fait exploser la crise de l’azote et a ainsi délaissé la nature, ne devrait pas se voir confier un poste aussi crucial », a posté Andy Palmen, directeur de Greenpeace aux Pays-Bas, sur X (ex-Twitter).

M. Hoekstra a répondu aux critiques en affirmant qu’il avait déjà acquis une expérience précieuse sur les questions climatiques dans le cadre de ses fonctions antérieures de ministre des Finances et des Affaires étrangères, ajoutant qu’il s’agissait de « l’un des grands enjeux de notre époque ».

M. Hoekstra devra passer une audition devant le Parlement pour être investi dans ses fonctions de commissaire.