Douze États membres exhortent l’UE à soutenir l’interconnexion et à faire baisser les prix de l’énergie
Douze États membres ont appelé mardi 15 octobre la Commission européenne à soutenir la création d’interconnexions énergétiques, notamment électriques, afin de réduire les prix de l’énergie dans l’UE face à l’instabilité des marchés.
Douze États membres de l’Union européenne (UE) ont appelé la Commission à soutenir la création d’interconnexions énergétiques, notamment électriques, afin de réduire les prix de l’énergie dans l’UE face à l’instabilité des marchés.
Le Portugal, l’Espagne, l’Autriche, Chypre, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas ont présenté une prise de position commune lors de la réunion des ministres de l’Énergie de l’UE mardi 15 octobre à Luxembourg.
« L’interconnexion et la coopération transfrontalière sont essentielles pour réduire les prix de l’énergie, faciliter la transition et le fonctionnement du marché, décongestionner les réseaux et accélérer la décarbonation. Il est grand temps de veiller à ce que tous les États membres participent pleinement au marché intérieur de l’énergie », peut-on lire dans le document de synthèse.
À l’heure où « les prix de l’électricité fluctuent plus que jamais », les « interconnexions énergétiques transfrontalières sont essentielles au bon fonctionnement du marché intérieur de l’énergie, et des mesures urgentes sont nécessaires pour assurer une plus grande intégration des systèmes électriques transfrontaliers de l’UE, notamment pour réaliser les objectifs de l’UE en matière d’interconnexion électrique pour 2030 », indiquent les douze États membres dans le document.
« Les prochaines années seront cruciales pour réduire les prix de l’énergie pour notre industrie et nos citoyens. Notre forte dépendance à l’égard des combustibles fossiles, combinée à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et à la militarisation de l’approvisionnement en énergie de la Russie, s’est avéré être un cocktail explosif », ajoutent-ils.
Ces derniers appellent donc à une « action unie de l’UE », comme dans le cas de la crise énergétique d’il y a deux ans, exacerbée par l’invasion russe de l’Ukraine. Cela inclut désormais des « solutions inclusives » telles que les interconnexions, notamment par le biais d’un soutien public.
« En plus de garantir un financement adéquat de l’UE pour les énergies renouvelables, comme par le biais du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et du mécanisme de financement des énergies renouvelables de l’UE jusqu’en 2040, l’Europe doit surtout augmenter le financement privé pour les investissements dans les énergies renouvelables, les réseaux électriques et les interconnexions », soulignent ces États membres, qui plaident tous pour des sources d’énergie alternatives au sein de l’UE.
Le Portugal et l’Espagne réclament une augmentation de ces infrastructures, précisément parce que la péninsule ibérique dispose de peu d’interconnexions énergétiques avec le reste de l’UE.
L’UE, par le biais de son paquet REPowerEU lancé en mai 2022, s’est engagée à mettre en place ce type d’interconnexion dans la péninsule ibérique. Le Portugal devrait poursuivre d’anciens projets d’interconnexion avec l’Espagne afin d’approvisionner le reste de l’Europe en électricité et en gaz naturel, et, à l’avenir, en hydrogène.
En octobre 2022, les gouvernements du Portugal, de la France et de l’Espagne se sont mis d’accord à Bruxelles pour accélérer les interconnexions dans la péninsule ibérique. Ils ont banni le projet actuel de transport de gaz exclusivement, au profit d’un nouveau projet comprenant un gazoduc sous-marin qui transportera dans un premier temps ce combustible fossile, mais aussi, à l’avenir, de l’hydrogène vert.
[Édité par Anna Martino]