Drones : l'aéroport de Bruxelles fermé pour la troisième fois en une semaine

Le principal aéroport de Belgique a été contraint de fermer pendant environ une heure jeudi 6 novembre dans la soirée après une nouvelle observation de drone. Il s'agit de la troisième fermeture en une semaine, alors que le pays est confronté à une recrudescence d'activités suspectes dans son espace aérien.

EURACTIV.com
[Getty Images/Thierry Tronnel_Corbis]

Le contrôle du trafic aérien belge a ordonné la fermeture de l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles, à 21 h 20, selon la chaîne flamande VRT. Plus grand aéroport du pays et porte d’entrée stratégique vers la capitale de l’Union européenne, Zaventem joue un rôle crucial tant pour le trafic civil que gouvernemental.

La fermeture de jeudi soir s’ajoute à une série de perturbations, l’aéroport ayant déjà suspendu ses activités à deux reprises mardi 4 novembre.

Et ces incidents ne sont pas isolés : des drones ont également été repérés au-dessus de sites militaires sensibles dans le pays ces derniers jours, notamment dans le Limbourg, où se trouve une base accueillant des bombardiers nucléaires, mardi et mercredi, et près de Florennes, où sont stationnés les nouveaux avions de chasse F-35 de la Belgique, jeudi. D’autres observations ont été signalées au-dessus d’une installation de recherche nucléaire à Mol.

Un menace qui touche d’autres pays européens

Ces incursions s’inscrivent dans le cadre d’une recrudescence de l’activité des drones en Europe. En septembre, 19 drones russes ont pénétré dans l’espace aérien polonais, ce qui a incité Varsovie à invoquer l’article 4 de l’OTAN et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à évoquer la mise en place d’un « mur de drones » dans son discours annuel sur l’état de l’Union.

Des drones ont également entraîné des perturbations dans les aéroports de Copenhague et d’Oslo, et ont déclenché un nouveau débat sur l’adéquation des défenses aériennes de l’Europe. Plusieurs pays s’étaient engagés à mettre en place des défenses aériennes pour protéger l’espace aérien danois avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’UE début octobre.

Dans tous les cas, à l’exception de celui de la Pologne, les responsables des incursions de drones n’ont pas été confirmés.

La police danoise avait fait mention d’un « acteur compétent », bien que non idéntifié, derrière les survols de drones. En ce qui concerne la Belgique, le ministre de la Défense, Theo Francken, a décrit en début de semaine les opérations comme ayant été menées par des non-amateurs, certainement un acteur étatique.

Jeudi matin, il a affirmé que « les responsables sont clairs », sans toutefois citer de pays.

La Russie a nié toute implication dans les incidents, mais les médias belges rapportent que les autorités soupçonnent Moscou, en raison notamment du rôle central de la Belgique dans la gestion des 140 milliards d’euros d’actifs russes immobilisés au sein de la chambre de compensation Euroclear, basée à Bruxelles.

Ces fonds immobilisés se trouvent au cœur des discussions de l’UE sur le financement de l’aide à l’Ukraine. En effet, la Commission a proposé de les utiliser pour accorder un « prêt de réparation » à Kiev. L’Ukraine ne serait tenue de rembourser ce prêt que lorsque Moscou acceptera de payer des réparations de guerre.

La Belgique, pour l’heure, bloque le projet, réclamant des garanties juridiques et politiques afin d’éviter toute représaille ou responsabilité financière unilatérale.

Réponse belge

Le Premier ministre Bart De Wever a convoqué une réunion de crise plus tôt dans la journée de jeudi afin de coordonner la réponse aux incursions de drones dans l’espace aérien du pays.

Le gouvernement a décidé d’accélérer les travaux du Centre national de sécurité de l’espace aérien, qui devrait être pleinement opérationnel d’ici janvier 2026. L’agence, située à environ 30 km à l’est de Bruxelles, servira de plaque tournante pour la surveillance et l’analyse des incidents dans l’espace aérien belge.

Theo Francken s’est également entretenu avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a promis le soutien des Alliés pour renforcer les défenses aériennes de la Belgique.

L’Allemagne a annoncé peu avant la fermeture de l’aéroport de Zaventem jeudi qu’elle déploierait des capacités de lutte contre les drones pour apporter son aide. Les premières troupes de l’armée de l’air allemande sont déjà arrivées en Belgique pour évaluer la situation, et des contingents plus importants suivront, selon le ministère de la Défense de Berlin.

Vendredi 7 novembre, le ministre belge de la Défense doit présenter au cabinet un plan de défense contre les drones d’un montant de 50 millions d’euros et discuter de la poursuite de la coordination avec le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius.

Kjeld Neubert a contribué à la rédaction de cet article.