En Allemagne, le diesel sur la sellette
La cour administrative allemande se prononce demain sur l’interdiction des véhicules diesel dans les centres-villes. Une pression supplémentaire pour l'industrie automobile allemande. Un article de notre partenaire Ouest-France.
La cour administrative allemande se prononce demain sur l’interdiction des véhicules diesel dans les centres-villes. Une pression supplémentaire pour l’industrie automobile allemande. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Munich, Stuttgart, Cologne, Hambourg, Düsseldorf, Berlin, Francfort… En tout 70 villes allemandes ont dépassé en 2017 les normes autorisées par l’Union européenne en termes d’émissions de dioxyde d’azote (40 Microgrammes par m3 d’air).
Quinze millions de diesel en Allemagne
« De très nombreux habitants sont soumis à des émissions dangereuses pour la santé », résume Maria Krautzberger, présidente de l’Office fédéral pour l’environnement. Le mouvement écologiste met donc la pression sur les communes allemandes pour qu’elles incluent une interdiction des véhicules diesel à leur palette de mesures lorsque la pollution est trop élevée. Une initiative qui a porté ses fruits à Düsseldorf et surtout à Stuttgart, patrie de la célèbre marque Mercedes.
Quinze millions de véhicules diesel circulent actuellement en Allemagne et leurs propriétaires auront certainement les yeux rivés vers Leipzig demain. La cour administrative fédérale doit décider si ces décisions pour une interdiction du diesel à Stuttgart et Düsseldorf sont juridiquement valables. Le jugement de demain pourrait avoir des conséquences très importantes, car il enverrait alors un signal fort pour toutes les grandes villes allemandes.
Une décision européenne ?
« Cela signifie que, après le jugement de Leipzig, partout où les normes ne sont pas respectées, il faudra réfléchir très rapidement à résoudre ce problème », explique à la radio Deutschlandfunk Edgar Neumann, du ministère régional des Transports à Stuttgart.
Les juges fédéraux de Leipzig prennent donc leur temps. Après plusieurs heures de réunion jeudi dernier, la décision avait été reportée à mardi. Le tribunal pourrait aussi décider de renvoyer la décision au niveau européen. Or la Commission européenne menace déjà l’Allemagne depuis longtemps de sanctions si celle-ci ne parvient pas à respecter les normes de pollution de l’air.
Ce jugement serait donc une mesure forte qui obligerait le gouvernement allemand et Angela Merkel à se positionner. Dans le très récent contrat de coalition, les conservateurs et les sociodémocrates veulent « éviter les interdictions de circuler et améliorer la qualité de l’air ». Mais la chancelière aura du mal à continuer à défendre un secteur du diesel empêtré dans plusieurs scandales et dont les ventes ont déjà baissé ces derniers mois.
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