Crise en Géorgie : les discussions de l'UE échouent à la deuxième tentative

Le deuxième cycle de négociations entre le parti au pouvoir en Géorgie et l’opposition, sous l’égide de l’UE, n’a pas permis, mercredi (31 mars), de sortir de l’impasse politique provoquée par les élections de l’année dernière, a déclaré un médiateur de l’UE.

Euractiv.com avec l'AFP
L’impasse s’est aggravée le mois dernier après que la police a arrêté le chef de l’opposition Nika Melia lors d’un raid violent au siège de son Mouvement national uni (MNU), ce qui a poussé le Premier ministre à démissionner. EPA-EFE/ZURAB KURTSIKIDZE [Zurab Kurtsikidze/EPA/EFE]

Le deuxième cycle de négociations entre le parti au pouvoir en Géorgie et l’opposition, sous l’égide de l’UE, n’a pas permis, mercredi (31 mars), de sortir de l’impasse politique provoquée par les élections de l’année dernière, a déclaré un médiateur de l’UE.

Ce pays de l’extrême sud-est de l’Europe, aspirant à adhérer à l’UE, est en proie à une crise politique depuis les élections législatives d’octobre, que l’opposition a dénoncées comme truquées, et a organisé des manifestations de masse pour réclamer des élections anticipées.

L’impasse s’est aggravée le mois dernier après que la police a arrêté le chef de l’opposition Nika Melia lors d’un raid violent au siège de son Mouvement national uni (MNU), ce qui a poussé le Premier ministre à démissionner.

L’escalade a suscité des inquiétudes à l’Ouest quant au recul de la Géorgie par rapport à ses engagements en matière de démocratie. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a lancé des pourparlers entre les partis lors d’une visite dans la capitale, Tbilissi, ce mois-ci.

Le diplomate suédois Christian Danielsson, qui a été nommé médiateur des négociations, a déclaré lors d’une conférence de presse mercredi que les partis politiques ne sont pas parvenus à s’entendre sur une sortie de crise.

« Pour répondre à l’aspiration européenne, il faut un compromis, en particulier de la part du parti au pouvoir pour sortir le pays de la crise », a-t-il indiqué lors de la conférence de presse tenue tard dans la nuit, après sept heures de discussions tendues.

« Malheureusement… il n’y avait pas cette volonté aujourd’hui autour de la table. »

Les pourparlers sont axés sur les réformes électorales et judiciaires, la libération des hommes politiques de l’opposition emprisonnés et les perspectives d’élections anticipées.

Le premier cycle de négociations, qui a duré une semaine, s’est également révélé infructueux le 19 mars.

M. Danielsson a déclaré que M. Michel « décidera des prochaines étapes et du calendrier de ces étapes ».

Les dirigeants du parti au pouvoir, Rêve géorgien, ont rejeté les accusations de l’opposition, qui les accuse de torpiller les négociations et de compromettre la tentative de la Géorgie de nouer des liens plus étroits avec l’UE.

Le gouvernement géorgien a annoncé son intention de demander l’adhésion à l’UE en 2024.

Les partis d’opposition ont refusé d’entrer au nouveau Parlement, ternissant ainsi la légitimité du gouvernement du parti Rêve géorgien.