La Commission européenne déclare la guerre à Boris Johnson
Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et son chef de cabinet, Martin Selmayr, s’en sont pris à Boris Johnson, le 26 mai, la figure de proue de la campagne pour le Brexit.
Jean-Claude Juncker, et son chef de cabinet, Martin Selmayr, s’en sont pris directement à Boris Johnson, la figure de proue de la campagne pro-Brexit, rompant ainsi la règle de neutralité à laquelle Bruxelles s’était tenue jusqu’ici.
Le nouveau dérapage de Boris Johnson a fait sortir de ses gonds Jean-Claude Juncker et Martin Selmayr, actuellement au Japon pour une réunion des ministres du G7.
L’ancien maire de Londres et député conservateur, Boris Johnson, en pleine campagne au Royaume-Uni, a récemment comparé l’UE à Adolf Hitler.
Ancien correspondant à Bruxelles pour le journal The Telegraph, il a aussi été vivement critiqué en déclarant que l’Union coutait au Royaume-Uni 350 millions de livres par semaine – un chiffre qui ne prend pas en compte les dépenses européennes en Grande-Bretagne.
« Déserteurs »
« J’ai lu dans les journaux britanniques que Boris Johnson avait passé une partie de sa vie à Bruxelles », a déclaré Jean-Claude Juncker devant les journalistes. « Il est temps qu’il revienne à Bruxelles pour voir si tout ce qu’il dit aux Britanniques est conforme avec la réalité – car je ne pense pas. »
Le Luxembourgeois a également prévenu que les « déserteurs » ne pouvaient pas s’attendre à être traités avec des pincettes – une autre remarque qui s’éloigne de la règle de « zéro commentaire ».
Ces remarques ont rapidement suivie par un tweet incendiaire de Martin Selmayr, qui mettait Boris Johnson dans le même panier que Donald Trump, Marine Le Pen, et Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement populiste cinq étoiles.
#G7 2017 with Trump, Le Pen, Boris Johnson, Beppe Grillo? A horror scenario that shows well why it is worth fighting populism. #withJuncker
— Martin Selmayr (@MartinSelmayr) May 26, 2016
Effondrement du mur de silence
Ces deux attaques sont les dernières preuves que le mur de silence soigneusement construit par la Commission européenne autour du référendum de juin est en train de s’écrouler à moins d’un mois du vote. Surtout lorsqu’il s’agit de Boris Johnson.
Sa comparaison du projet européen à celui d’Adolf Hitler pour dominer le monde a fait sortir les responsables européens de leurs gonds.
« Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative, mais avec des méthodes différentes », a-t-il expliqué dans un entretien avec le Sunday Telegraph.
>> Lire : Tusk s’indigne de la comparaison entre l’UE et Hitler dans la campagne du Brexit
Le 23 mai, lors d’un discours à la London School of Economics, le commissaire britannique Jonathan Hill a déclaré « puis-je rappeler que le meilleur moyen de préparer les gens avec qui le Royaume-Uni devra s’engager dans des négociations vitales n’est pas de comparer leurs ambitions avec celles du troisième Reich ? »
Quant au président du Conseil européen, Donald Tusk, il a qualifié la comparaison de Boris Johnson d’argument absurde.
« Boris Johnson a dépassé les limites du discours rationnel, en faisant preuve d’amnésie politique », a déclaré Donald Tusk, qui a ajouté que ce trou de mémoire était inexcusable.
« Nous nous sommes retenus de commenter tout propos tenu sur le référendum britannique, quel que soit leur ton, et nous ne changerons pas de position aujourd’hui », a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, le 17 mai à Bruxelles.
Selon lui, le discours de Jonathan Hill à Londres était cohérent avec cette politique. « La Commission ne prend pas part à la campagne – et nous ne commencerons pas à la faire », a assuré le porte-parole.
>> Lire : Les climatosceptiques dominent la campagne pro-Brexit