EXCLUSIF : L’UE deviendra une « puissance militaire », affirme Ursula von der Leyen
L’UE s’efforce de devenir une « puissance militaire », a déclaré mercredi 14 janvier la présidente de la Commission européenne lors d’une réunion du Parti populaire européen (PPE).
« Nous savons que nous devons être forts, et la force implique des moyens. Nous ne sommes pas une puissance militaire, mais nous sommes en train de nous construire pour le devenir », a-t-elle déclaré aux législateurs de son groupe politique, le PPE (centre-droit).
« Nous sommes une puissance économique […] nous devons améliorer nos performances encore et encore pour rester une puissance économique — c’est comme pour une entreprise », a-t-elle expliqué, selon plusieurs sources présentes dans la salle.
Ses commentaires interviennent alors qu’une délégation danoise et groenlandaise s’apprêtait à rencontrer des membres de l’administration de Donald Trump à Washington, dans un contexte de menaces américaines d’annexion de l’île autonome rattachée au Danemark.
Ursula von der Leyen a déclaré aux députés européens de centre-droit que le message le plus important était que l’UE respectait le droit des Groenlandais à prendre leurs propres décisions, mais qu’ils pouvaient compter sur les Européens.
Ses remarques sont intervenues quelques minutes après qu’elle ait refusé de confirmer que le Groenland était couvert par la clause de défense mutuelle de l’UE, prévue par l’article 42.7 du traité sur l’UE (TUE).
« Il y a beaucoup de spéculations sur ce qui devrait être fait, ce qui pourrait être fait, ce qui peut être fait », a indiqué la présidente de la Commission aux journalistes lors d’une conférence de presse mercredi, lorsqu’on lui a demandé si la clause s’appliquerait en cas d’invasion par les États-Unis de ce territoire danois riche en minerais.
Le Groenland fait partie de l’OTAN, mais n’est pas officiellement membre de l’Union européenne.
Vers une stratégie de sécurité européenne
Ursula von der Leyen a également déclaré lors de la réunion à huis clos du PPE qu’il était temps pour Bruxelles d’élaborer sa propre stratégie de sécurité, que la Commission présentera en 2026. Cela ne faisait pas partie du programme de travail de la Commission pour cette année. Elle a fait remarquer que cela n’avait jamais été fait auparavant, mais que le moment était venu de le faire, ont indiqué les sources.
La présidente de l’exécutif européen a ensuite énuméré toutes les mesures prises par l’UE ces derniers mois pour renforcer ses capacités de défense, du programme ReArm Europe, d’un montant maximal de 800 milliards d’euros, à son programme d’approvisionnement commun Security Action for Europe (SAFE), auquel 19 capitales de l’UE ont souscrit.
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