Fraude aux subventions agricoles de 2,5 millions d'euros : la Grèce arrête des suspects
Un réseau criminel aurait utilisé de fausses déclarations de subventions pour détourner des fonds européens
ATHÈNES – La police grecque a arrêté mercredi 13 personnes accusées d’avoir obtenu frauduleusement des subventions agricoles de l’UE dans le cadre d’un vaste scandale de détournement de fonds qui a ébranlé la classe politique du pays.
Selon des sources policières, l’unité chargée de la lutte contre la criminalité financière a démantelé un réseau criminel présumé qui obtenait des subventions grâce à de fausses déclarations soumises via des centres de demande d’aides agricoles.
Selon les médias locaux, 13 personnes ont été arrêtées et au moins 39 autres font l’objet d’une enquête. Parmi les personnes interpellées figure un employé d’un centre de demande de subventions agricoles (KYD), qui sert d’intermédiaire pour les demandes de financement agricole de l’UE.
Le réseau criminel, qui opérait à Agrinio, dans l’ouest de la Grèce, et dans la ville de Kozani, au nord du pays, aurait obtenu plus de 2,5 millions d’euros grâce à des demandes de subventions frauduleuses.
Il s’agit du sixième réseau criminel démantelé depuis que la procureure générale européenne Laura Kövesi a révélé un système de fraude aux subventions agricoles de l’UE qui aurait coûté plus de 20 millions d’euros au budget de l’UE. D’autres réseaux criminels ont récemment été démantelés dans le nord de la Grèce et sur l’île de Crète.
Alors que le climat politique s’échauffe à l’approche des élections législatives de 2027, les récents sondages suggèrent que les Grecs sont principalement préoccupés par la hausse du coût de la vie (37,6 %), bien que le scandale de l’OPEKEPE reste également un sujet important, cité par 15,9 % des personnes interrogées.
« Nous avons plusieurs affaires et, dans certaines d’entre elles, des agriculteurs sont impliqués. Je ne sais pas exactement ce qui va se passer », a déclaré Kövesi à Euractiv en mars.
Vingt membres du parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie, ont fait l’objet d’une enquête en lien avec ce scandale. Toutefois, un ancien ministre de l’Agriculture et un ancien vice-ministre ont échappé à un examen plus approfondi après que la majorité parlementaire du parti au pouvoir a voté contre la levée de leur immunité judiciaire.
(adm)