Athènes somme Pékin d'agir contre la contrefaçon de feta
Un ministre grec a prévenu Pékin qu’il n’y aura pas d’accord commercial avec l’UE si la Chine n’agissait pas contre les fausses appellations pour certains produits alimentaires, comme la feta.
Un ministre grec a prévenu Pékin qu’il n’y aura pas d’accord commercial avec l’UE si la Chine n’agissait pas contre les fausses appellations pour certains produits alimentaires, comme la feta.
En juin, Bruxelles et Pékin se sont accordé pour la publication de 200 indications géographiques, 100 en Chine, 100 en Europe, qui seraient protégées dans les deux blocs dans le cadre d’un accord de libre-échange qui devrait être signé d’ici la fin de l’année.
Huit États européens ont cependant lancé une procédure en justice commune contre la Chine, qui autorise la vente de 25 marques déposées homonymes d’indications géographiques européennes. Il s’agit de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, de la France, du Portugal, de l’Allemagne, de la Hongrie et de la Roumanie.
Les indications géographiques concernent des produits dont l’origine est certifiée. Elles jouent un rôle important dans les programmes européens de qualité alimentaire en permettant aux consommateurs d’être sûrs de la qualité et de l’authenticité des produits qu’ils achètent, et aux producteurs de demander des prix justes.
« La Commission est sûre que l’accord à venir bénéficiera de manière importante aux producteurs de produits d’indications géographiques », a indiqué un porte-parole de la Commission à Euractiv. « Même s’il y a des marques déposées, les indications géographiques peuvent être protégées en Chine. Comme Bruxelles, Pékin autorise la coexistence d’une marque antérieure et d’une indication protégée. »
Le porte-parole souligne cependant que la Commission n’a aucune objection à ce que des producteurs européens cherchent à faire supprimer des marques chinoises « dans le cadre d’une procédure normale du droit des marques ».
La Grèce conteste par exemple l’existence de fromage appelé « feta » en chinois et de vin appelé « samos », alors qu’il s’agit de produits traditionnels grecs.
« Si ces produits ne sont pas condamnés par les tribunaux, les marques chinoises continueront d’avoir le droit de produire ces produits pour le marché domestique ou d’importer des produits homonymes contrefaits de partout dans le monde », insiste la Grèce.
Mesures à prendre
Lors d’une réunion ministérielle commune entre la Chine et la Grèce le 20 septembre, le ministre adjoint du Développement rural et de l’Alimentation, Vasilis Kokkalis, a déclaré aux Chinois que les deux produits en question étaient d’une « importance cruciale » pour la conclusion des négociations entre l’UE et la Chine.
Le ministre grec a souligné l’importance de la feta pour l’économie grecque, en précisant qu’elle permettait à des milliers de famille de vivre.
La feta est perçue comme « l’or blanc » de l’économie hellénique. Le pays produit environ 120 000 tonnes de feta par an, et 1 100 000 de tonnes de lait de chèvre et de brebis.
Le ministre grec souligne que les contrefaçons chinoises sont « un obstacle insurmontable » à la protection efficace des deux produits grecs.
Selon lui, cela entraîne des conséquences extrêmement néfastes pour les producteurs et exportateurs grecs ainsi que pour les consommateurs chinois, qui ont le droit de faire des choix « sur la base d’informations fiables et grâce à des garanties de qualité et d’origine des produits afin de profiter des produits alimentaires authentiques ».
« Les Chinois devraient prendre toutes les mesures administratives nécessaires pour annuler ces marques déposées étant donné la longue tradition et le respect de votre pays pour les produits alimentaires traditionnels, connus dans le monde entier », a conclu le ministre grec.