Groenland : Ursula von der Leyen salue l'unité de l'UE contre les menaces de Donald Trump
L'approche ferme et non escalatoire du bloc a contribué à éviter une escalade avec Washington, s'est félicitée Ursula von der Leyen.
Selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la réponse ferme mais non escalatoire de l’UE a été décisive pour persuader le président américain Donald Trump de renoncer à ses menaces concernant le Groenland.
Les dirigeants de l’UE se sont réunis jeudi à Bruxelles pour faire le point après une semaine mouvementée déclenchée par la menace de Trump d’imposer des droits de douane de 25 % à six pays de l’UE pour avoir soutenu le maintien du statut du Groenland en tant que territoire autonome danois. La réunion a été convoquée par le président du Conseil européen, António Costa.
Lors d’une conférence de presse, Mme von der Leyen a déclaré que l’unité et la retenue de l’Union ont contribué à convaincre M. Trump de renoncer à ses menaces mercredi.
« Il est clairement ressorti de la discussion que nous avons réussi à résister en nous montrant fermes mais sans escalade et, surtout, très unis », s’est réjouie la présidente de la Commission.
Interrogée par Euractiv sur le rôle éventuel d’autres facteurs, notamment la diplomatie du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, la politique intérieure américaine ou la volatilité des marchés, Mme von der Leyen a reconnu leur influence possible, mais a insisté sur le rôle central de la stratégie de l’UE.
« Tous les éléments que vous venez de mentionner ont sans doute joué un rôle, mais sans la fermeté, les réponses non escalatoires et l’unité de l’Union européenne, ils n’auraient pas fonctionné », a-t-elle insisté.
Les capitales de l’UE étaient divisées sur la manière de répondre à la posture agressive de Trump sur le Groenland. La France a défendu l’activation immédiate de l’instrument anti-coercition de l’Union, son moyen de défense commerciale le plus puissant, tandis que l’Italienne Giorgia Meloni et l’Allemand Friedrich Merz ont préconisé une approche plus mesurée.
Von der Leyen a laissé entendre que l’UE était prête à riposter si les droits de douane avaient été imposés le 1er février, bien qu’elle-même et Costa n’aient pas fait explicitement référence à l’instrument anti-coercition, surnommé « bazooka commercial ».
« Nous sommes préparés à ces situations grâce à des outils de contre-mesures commerciales et des instruments non tarifaires, dans le cas où des droits de douane avaient été appliqués », a-t-elle assuré.
António Costa et Ursula von der Leyen ont également enjoint le Parlement européen à poursuivre la ratification de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis, que certains députés européens avaient menacé de suspendre en début de semaine.
« Nous devons désormais nous concentrer sur la mise en œuvre de cet accord », a rappelé M. Costa, décrivant cet objectif comme la « stabilisation effective » des relations transatlantiques, qui représentent 1 600 milliards d’euros.
Mme von der Leyen a ajouté : « Un accord est un accord. C’est ce que nous attendons des États-Unis. C’est ce que nous ferons de notre côté. »
Nicoletta Ionta a contribué à cet article.